Introduction

Archive des Webémissions: Le choix n’est pas libre – se souvenant de quatre suicides.

Cette semaine: on se souvient de quatre Québécois qui se sont suicidés entre 2014 et 2015 à cause du manque de soutiens pour leur permettre de demeurer autonomes, et on se demande ce qui a changé et n’a pas changé depuis.

Archive des Webémissions: Le choix n’est pas libre – se souvenant de quatre suicides.

Pendant la pandémie COVID-19, nous ne présentons pas notre webémission en raison de problèmes techniques causés par une utilisation intensive d’Internet.  Pourtant, nous offrons le texte en forme de bulletin afin de diffuser les informations au point sur l’effet du suicide assisté, l’euthanasie et d’autres pratiques de fin de vie sur la communauté des personnes en situation de handicap.

LE CHOIX N’EST PAS LIBRE: SE SOUVENANT DE QUATRE SUICIDES

  • Au cours de l’année précédant l’entrée en vigueur de la loi permettant l’euthanasie au Québec, entre avril 2014 et mars 2015, quatre Québécois ayant une déficience ont mis fin à leurs jours parce qu’ils n’avaient pas les soutiens dont ils avaient besoin pour garder leur indépendance. Malgré les efforts des défenseurs, la situation dans la province s’est détériorée depuis ce temps-là.
  • En avril 2014, Mario Beaudoin et son épouse ont été retrouvés morts à leur domicile à la suite de ce qu’on croyait être un pacte de suicide. M. Beaudoin avait subi une lésion médullaire dans un accident de voiture 16 mois plus tôt et n’avait pas pu obtenir les modifications à domicile, des équipements médicaux et les services d’assistance personnelle dont il avait besoin.
  • En septembre, trois mois après que l’Assemblée nationale du Québec a adopté la loi sur l’euthanasie de la province, Yvan Tremblay s’est suicidé parce qu’il était contraint de quitter son appartement en raison des nouvelles règles de sécurité imposées par le gouvernement. La direction a affirmé qu’il serait impossible d’évacuer M. Tremblay en cas d’incendie, il devrait donc déménager dans un petit appartement sans cuisine.
  • Deux jours plus tard, le 16 septembre, Pierre Mayence est mort de jeûne dans le CHSLD où il demeurait, après qu’un tribunal a statué que le personnel ne pouvait pas le gaver de force.
  • Et finalement, en mars 2015, Gabriel Bouchard est décédé, lui aussi de jeûne, parce qu’il n’a pas pu obtenir les soutiens dont il avait besoin pour rester dans son propre appartement. (Vous pouvez regarder notre entretien avec lui sur notre site Web.)
  • Qu’est-ce qui a changé depuis 2015?
    • Au Québec, de décembre 2015 à avril 2019, 2 909 personnes ont été euthanasiées et 2 947 personnes ont reçu une sédation palliative continue, pour un total de 5 856 décès.
    • Ni le Québec ni le gouvernement fédéral n’ont publié de rapports du système de surveillance de l’aide médicale à mourir (l’AMM). Cependant, en présentant le projet de loi C-7, le ministère de la Justice a mentionné que plus de 13 000 euthanasies avaient été pratiquées depuis juin 2016.
    • Au 20 mai, 3 718 personnes étaient décédées du COVID-19 au Québec, dont la plupart résidaient dans des établissements de soins de longue durée. Les décès au Canada ont totalisé 6 030 personnes.
  • Qu’est-ce qui n’a pas changé au cours des cinq dernières années?
    • Les politiques publiques favorisent toujours l’entreposage des personnes en situation de handicap dans des institutions, plutôt que de leur donner le choix de contrôler leur vie en employant leurs propres préposés.
    • Le public, y compris les progressistes, continue de croire au mythe selon lequel le suicide assisté et l’euthanasie (le SA & E) sont un libre choix.
    • Les groupes de défense des personnes en situation de handicap restent timides quant à leur opposition au SA & E.
  • Bien que nous nous concentrions sur les événements au Québec, les mêmes problèmes s’appliquent dans le reste du Canada.
  • Les gens parlent des travailleurs de la santé qui sont les « héros de première ligne » de la pandémie de COVID-19, et c’est absolument vrai; beaucoup vont au-delà de l’appel du devoir. Mais la plupart de ces travailleurs peuvent laisser leur chagrin quand ils rentrent chez eux à la fin de la journée. Les militants ayant des incapacités n’arrêtent pas d’être handicapés à la fin de leur quart de travail, tout comme les parents isolés, les femmes, les personnes de couleur et les pauvres ne peuvent laisser de côté la discrimination qui affecte leur vie.