Introduction

Archive des webémissions: Réparation de matériel médical lors de la pandémie de COVID-19

Cette semaine, nous examinons certains des problèmes et obstacles sous-jacents aux réparations des ventilateurs pendant la pandémie de coronavirus, ainsi qu'une déclaration appelant les maisons de soins infirmiers à prendre des précautions pour la sécurité des résidents et du personnel.

Archive des webémissions: Réparation de matériel médical lors de la pandémie de COVID-19

Pendant le pandémie COVID-19, nous ne présentons pas notre webémission en raison de problèmes techniques causés par une utilisation intensive d’Internet.  Pourtant, nous offrons le texte en forme de bulletin pour diffuser les informations au point sur l’effet du suicide assisté, l’euthanasie et d’autres pratiques de fin de vie sur la communauté des personnes en situation de handicap.

RÉPARATION DE MATÉRIEL MÉDICAL LORS DE LA PANDÉMIE DE COVID-19

  • De nombreuses personnes s’adaptent à la vie à un rythme beaucoup plus lent, afin de limiter la propagation du virus COVID-19 et d’éviter que les systèmes de santé ne soient submergés. Les défenseurs des droits des personnes handicapées ont écrit sur les conséquences d’une pénurie de ventilateurs, ce qui met les personnes handicapées encore plus à risque dans un système médical déjà discriminatoire. Cette semaine, nous verrons comment les fabricants rendent difficile la réparation de l’équipement médical et quelques solutions.
  • Les hôpitaux devront fournir des soutiens respiratoires à de nombreuses personnes atteintes du coronavirus en même temps,, et inévitablement, certains des ventilateurs tomberont en panne.  Il peut être difficile de réparer rapidement ces machines, en particulier lorsque les fabricants imposent des obstacles aux réparations. L’un de ces obstacles provient des serrures numériques, qui permettent uniquement aux techniciens autorisés par le fabricant d’ouvrir et de régler les machines. Les entreprises utilisent souvent des pièces non standard dans la conception des machines et sont le seul fournisseur de ces pièces, accaparant ainsi le marché et maintenant ainsi les prix élevés. Les fabricants limitent même l’accès aux manuels de réparation. Ainsi, même si un hôpital retient du personnel qui pourrait réparer l’équipement ou peut appeler un technicien indépendant, il se peut qu’il ne soit pas possible de réparer un dispositif de soutien de vie.
  • Malgré les affirmations de certains fabricants selon lesquelles les réparations indépendantes sont dangereuses et inefficaces, la « Food and Drug Administration » des États-Unis a constaté en 2018 que « la disponibilité continue d’entités tierces pour entretenir et réparer les dispositifs médicaux est essentielle au fonctionnement du système de santé américain ».
  • Un site web appelé iFixit met en place une base de données en ligne des informations nécessaires à la réparation des équipements hospitaliers. Ils demandent aux professionnels de la santé d’envoyer des numéros de modèle de ventilateurs, de BiPAP et d’appareils d’anesthésie, des informations sur les pièces susceptibles de se casser et des substituts pour les articles qui devront être réutilisés.
  • Le « Public Interest Research Group » aux É-U (US-PIRG) a également publié une déclaration demandant aux « fabricants d’appareils de publier immédiatement toute la documentation et les logiciels de réparation ». Nathan Proctor, directeur de la campagne « Right to Repair » (droit à la réparation) de US PIRG, a déclaré: « Les réparations les plus rapides arrivent lorsque les techniciens hospitaliers ont ce dont ils ont besoin pour effectuer les réparations en interne, ou peuvent embaucher des techniciens qualifiés à leur discrétion. Empêcher la réparation est généralement une mauvaise idée. Cela est encore plus vrai en période de crise, lorsque les systèmes sont sous tension. Cela pourrait signifier la différence entre la vie et la mort ».
  • La réparation par bricolage est devenue populaire au cours des dernières années en raison de la préoccupation croissante concernant les déchets, la production excédentaire et leurs effets sur l’environnement. Des « cafés de réparation » ont apparu dans des collectivités partout au Canada, où les gens apportent des articles ménagers comme des lampes ou des bouilloires à réparer, et apprennent à faire eux-mêmes les travaux.
  • L’obsolescence programmée, où un produit est conçu pour échouer après un certain temps, devrait être familière à de nombreux propriétaires de téléphones intelligents. Les fabricants ne supportent plus ni ne les mettent à jour, et les pièces sont spécialisées afin que seul un professionnel agréé possédant la formation et les ressources appropriées puisse les réparer. Les droits d’auteur numériques sont un autre obstacle empêchant les réparations par des techniciens non agréés.
  • En réponse, l’Union européenne et quelques États américains ont adopté une législation sur le « droit à la réparation ». Ces lois obligent les fabricants à concevoir des produits faciles à réparer, à utiliser des pièces normalisées, à mettre à disposition des manuels de réparation et à interdire l’utilisation de verrous numériques. Un projet de loi proposé à l’Assemblée législative de l’Ontario par le député libéral Michael Coteau portant sur les « produits électroniques ». a été vaincu en 2019 en raison du lobbying exercé par des entreprises comme Apple, Samsung et Microsoft.
  • La réparation d’équipements n’est pas le seul problème qu’affront les hôpitaux. À ce stade, personne ne sait:
    • Combien de ventilateurs sont disponibles en ce moment;
    • Combien seront nécessaires au cours de la pandémie;
    • Si et comment les appareils CPAP et BiPAP usagés peuvent être réparés et réutilisés pour fournir un soutien respiratoire aux personnes atteintes du coronavirus; et,
    • Qui fera fonctionner et étalonner l’équipement si des professionnels formés (par exemple, des inhalothérapeutes) sont atteintes du virus.
  • En temps de crise, nous apprenons tous qu’il n’existe pas d’indépendance absolue. La vérité est que nous sommes interdépendants. Même si seuls les services « essentiels » fonctionnent dans diverses provinces, tout le monde a besoin de fabrication, d’expédition et de services publics pour survivre. Nous espérons que la préservation de la vie des personnes handicapées ne sera pas considérée comme un gaspillage de ces précieuses ressources.

CHSLD ET COVID-19: « NOUS NE SOMMES PAS PRÊTS »

  • Dans un avis de presse publié le 19 mars, Jonathan Marchand (Président de Coop ASSIST) et Daniel Pilote (demandeur nommé dans un recours collectif) font appel au gouvernement du Québec à améliorer les conditions dans les CHSLD. Voici des extraits de leur communiqué de presse:
  • Au Québec « hier, il a été annoncé que le premier décès relié au COVID-19 a été dans un centre pour personnes âgées. De plus, un travailleur d’un CHSLD a été testé positif. Nous estimons que les établissements ne sont pas prêts à faire face à ce défi!
  • Nous sommes des personnes handicapées avec des besoins spécifiques et des lanceurs d’alerte qui sont contraintes de vivre en CHSLD, car le gouvernement refuse de nous fournir l’assistance dont on a besoin pour vivre à domicile.
  • Même sans crise, l’organisation des services en CHSLD met en danger nos vies inutilement à cause des règles ministérielles, des ordres professionnels et syndicaux qui sont rigides. Souvent, seulement des infirmières, qui sont débordées, peuvent nous porter assistance. Parfois, il n’y a qu’une seule personne responsable pour plus de 100 résidents dans l’établissement qui peut nous aider.
  • Le gouvernement s’attend à beaucoup d’absentéisme dans le réseau de la santé, car les travailleurs exposés au virus vont devoir se mettre en quarantaine. La situation dans les CHSLD au niveau du personnel est déjà criante.
  • Le gouvernement a interdit les visites dans les CHSLD et résidences pour personnes âgées. Pourtant, très peu est fait pour diminuer les risques provenant des employés.
  • Pour assurer notre sécurité, assurer la sécurité de tous les résidents et pour assurer une continuité de service durant cette crise, nous demandons que :
    • Des travailleurs n’appartenant pas à des ordres professionnels (par exemple, des préposées aux bénéficiaires et autres) puissent nous porter assistance en CHSLD en prodiguant des actes protégés. Ce qui inclut des soins respiratoires et autres, sans restrictions. Si nécessaire, de la formation doit être fournie.
    • Un proche aidant par résident soit permit de visiter avec des règles strictes à suivre. Si le gouvernement ne le permet pas, il doit fournir l’assistance nécessaire pour combler les besoins de base des résidents. Actuellement, les visites sont interdites et il n’y a pas de plan pour combler le manque à gagner, plusieurs survivent grâce à l’assistance d’un proche aidant.
  • Des mesures supplémentaires de prévention et de protection en CHSLD:
    • Prendre la température des tous les intervenants et travailleurs qui entrent dans les établissements. Actuellement, on ne fait que poser des questions.
    • Un régime de test pour le COVID-19 pour les travailleurs doit être mis en place. Si un travailleur suspecte d’être infecté, il doit y avoir accès, sans question. Même chose pour un proche aidant qui est autorisé à visiter. Le tout, selon la capacité de tester du gouvernement.
    • Les gestionnaires doivent faire preuve de transparence quand il y a une infection, un risque d’infection ou une enquête. Actuellement, les faits ne sont pas rapportés aux employés, aux résidents et aux familles. Le gouvernement est transparent avec la population et les gestionnaires des CHSLD doivent faire pareil pour garder la confiance de tous.
    • Limiter grandement l’utilisation des « équipes volantes » de travailleurs. Ces travailleurs peuvent visiter plusieurs unités de soins et établissement par semaine. C’est une pratique dangereuse pour la propagation du virus. Les travailleurs doivent rester sur le même poste le plus possible.
    • De l’équipement protecteur pour les travailleurs en cas d’éclosion. (Masque N95, lunettes, etc.) Si le matériel est disponible, il faut informer les travailleurs.
    • Communiquer des directives claires aux employés, aux résidents et aux familles sur ce qui va se passer en cas d’éclosion. Expliquer les protocoles à suivre pour que tous soient sur la même page. Encore une fois, la transparence est importante. Actuellement, il y a beaucoup de questionnements.
    • Émettre des règles strictes aux employés concernant leurs activités hors du travail. Actuellement, des employés continuent de participer à des rassemblements et ne respectent pas les mesures de distance sociale encouragée par le gouvernement.
    • Éviter les rassemblements entre les résidents et les employés, que ce soit pour les repas ou toutes autres activités.
    • Pour les nouvelles admissions en CHSLD, implanter une quarantaine de 14 jours pour les nouveaux résidents. »