Introduction

Archive des webémissions: Le choix n’est pas libre – Candice Lewis

Cette semaine, nous jetons un autre regard sur l’histoire de Candice Lewis et examinons une nouvelle déclaration de l’Association des psychiatres du Canada.

Archive des webémissions: Le choix n’est pas libre – Candice Lewis

Pendant le pandémie COVID-19, nous ne présentons pas notre webémission en raison de problèmes techniques causés par une utilisation intensive d’Internet.  Pourtant, nous offrons le texte en forme de bulletin pour diffuser les informations au point sur l’effet du suicide assisté, l’euthanasie et d’autres pratiques de fin de vie sur la communauté des personnes en situation de handicap.

LE CHOIX N’EST PAS LIBRE: CANDICE LEWIS

  • Cette semaine, nous revisitons l’histoire d’une jeune Terre-Neuvienne dont le médecin l’a encouragé à mettre fin à ses jours. Candice Lewis, qui a des limitations physiques et intellectuelles, a été hospitalisée en novembre 2016. Sa mère, Sheila Elson, l’accompagnait.
  • Mme Elson dit qu’à un moment donné, un médecin a approché pour les informer que « le suicide assisté était légal au Canada ». En apprenant que ni l’un ni l’autre n’était intéressé à l’AMM, le médecin a qualifié Mme Elson d’« égoïste ». Mme Elson a ensuite discuté de l’incident avec des travailleurs sociaux; ils ont précisé que toute décision concernant les mesures de fin de vie devrait être prise par Mme Lewis elle-même, puisqu’elle était capable de communiquer ses souhaits verbalement.
  • Mme Elson a déclaré à la CBC: « Je ne voulais pas qu’une autre famille traverse ce que nous avons vécu. Des gens comme elle sont maltraités, et ça suffit. » L’autorité sanitaire locale a proposé de rencontrer Mme Elson et lui a envoyé une lettre s’excusant de l’incident. L’histoire de Mme Lewis a été présentée dans le documentaire « Fatal Flaws » de « l’Euthanasia Prevention Coalition » en 2018.
  • Dans une interview cette semaine, Mme Elson nous a dit que le PDG de l’autorité sanitaire avait choisi de démissionner au lieu de la rencontrer. L’infirmière à qui Mme Elson avait initialement déposé sa plainte l’a accusée de mentir jusqu’à ce que le médecin qui a mentionné le suicide assisté à Mme Lewis récupère les traces écrites de la conversation. Mme Elson a alors déposé une plainte auprès du Collège provincial des médecins, qui a conclu que le médecin n’avait rien fait de mal. Un autre médecin qui a traité Candice à l’époque s’est depuis excusé auprès de Mme Elson en personne.
  • En septembre 2017, Mme Lewis s’était rétablie de sa maladie et a participé au mariage de sa soeur. Depuis, elle a subi plusieurs chirurgies, dont une en novembre dernier avec des complications potentiellement mortelles, une autre il y a quelques semaines. Mme Elson dit que sa fille a actuellement « des temps difficiles » avec « plus de mauvais jours que de bons ».
  • Mme Lewis demande maintenant à sa mère « ce qu’ils [vont] lui faire » à chaque rendez-vous médical; elle craint toujours que sa vie soit en danger. (En réponse, Mme Elson dit qu’elle se battra pour la vie de Candice « jusqu’au bout du monde ».) Être soigné par des professionnels de la santé en qui elles peuvent avoir confiance est devenu encore plus important. Il est clair pour la famille, et pour beaucoup des autres canadiens avec déficiences, que certains médecins pensent que « si vous êtes vieux, faible ou handicapé, vous n’avez pas le droit de vivre ».

L’ASSOCIATION DES PSYCHIATRES DU CANADA PUBLIE UN ÉNONCÉ DE POSITION SUR L’AMM 

  • Le 13 mars, l’Association des psychiatres du Canada a publié une déclaration de principes sur le suicide assisté et à l’euthanasie aux personnes atteintes des conditions psychiatriques. La déclaration a été rédigée par le Comité des normes professionnelles et la pratique et approuvée par le conseil d’administration, donc ne reflètent pas nécessairement les vues des membres de l’APC dans son ensemble.
  • La déclaration stipule que l’APC « n’a pas pris et ne prend pas position sur la légalité ou la moralité de l’AMAM, » puis elle nomme plusieurs « principes et considérations à l’égard de l’AMAM et de la psychiatrie au Canada » que l’association va maintenir « même si la loi et la jurisprudence suivent leur évolution. »
    • Les psychiatres canadiens feront en sorte qu’ils « aient une connaissance pratique de la loi »;
    • Les personnes atteintes « d’une maladie psychiatrique ne devraient pas faire l’objet de discrimination uniquement en fonction de leur incapacité et devraient disposer de mêmes options liées à l’AMAM dont tous les patients peuvent se prévaloir »;
    • « Les psychiatres seront pleinement conscients des principes médicaux éthiques … [et] ne devraient pas laisser leurs opinions ou préjugés personnels influencer les patients qui désirent envisager l’option de l’AMAM pour faire face aux affections irrémédiables »;
    • Même lorsqu’un psychiatre souhaite ne pas être impliqué dans l’AMM, les clients intéressés doivent recevoir « l’information sur les ressources disponibles de l’AMAM et le processus d’aiguillage »;
    • « Les psychiatres qui évaluent l’admissibilité à l’AMAM doivent mener avec rigueur les évaluations de la capacité et l’identification des symptômes de trouble mental qui sont susceptibles d’influencer sur la prise de décision. »
  • L’ancien président de l’APC et membre du groupe de travail du Conseil des académies canadiennes, le Dr Sonu Gaind, a répondu à l’énoncé de position, citant un « manque d’engagement des membres sur cette question » et qualifiant la déclaration de « préjudiciable et dangereuse ». Il dit que le comité des normes professionnelles et de la pratique n’a pas « fourni de conseils fondés sur des données probantes concernant l’AMM et la maladie mentale ». Il souligne en outre la confusion créée par la déclaration générale de l’APC selon laquelle les personnes atteintes de maladie mentale ne devraient pas être victimes de discrimination. « Cela signifie-t-il qu’il serait discriminatoire de ne pas fournir de l’AMM aux patients atteints de maladie mentale à critère unique? Ou cela signifie-t-il qu’il serait discriminatoire de fournir un AMM dans de telles situations, car cela exposerait les patients à des déterminations arbitraires et non scientifiques de l’irrémédiabilité qui ne peuvent être prédites? »