Introduction

Archive des webémissions: L’expansion du suicide assisté par la Conseil des académies canadiennes – des maladies mentales

Cette semaine, nous continuons d’examiner la proposition du Conseil des académies canadiennes d’étendre l’euthanasie aux personnes ayant des incapacités psychiatriques.

Archive des webémissions: L’expansion du suicide assisté par la Conseil des académies canadiennes – des maladies mentales

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • L’expansion du suicide assisté par la Conseil des académies canadiennes : des maladies mentales
  • Le suicide assisté suggéré à la mère d’une femme handicapée à Terre-Neuve

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

L’EXPANSION DU SUICIDE ASSISTÉ PAR LE CONSEIL DES ACADÉMIES CANADIENNES : DES MALADIES MENTALES

  • Aujourd’hui c’est la deuxième partie de notre série sur les trois domaines de l’expansion du suicide assisté étudié par le Conseil des académies canadiennes. Nous allons discuter la maladie mentale comme condition principale d’éligibilité au suicide assisté.
  • Le premier problème, et le plus évident, en ce qui concerne le suicide assisté et l’euthanasie chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques, c’est que leur désir de mourir est généralement un symptôme de la déficience – comme c’est le cas pour la dépression. Par conséquent, la seule façon de savoir si la personne reçoit le traitement le plus efficace convenant le mieux à ses besoins, et à quel point la personne répond à ce traitement, est une diminution de leur désir de mourir.
  • Le lien entre la maladie mentale et le désir de mourir met également en doute la capacité d’une personne de prendre une décision libre et éclairé pour mettre fin à sa vie. Dans une étude néerlandaise sur le suicides assisté, dans 24% des cas, il y avait un désaccord entre les médecins qui ont approuvé l’euthanasie quant à savoir si la personne était compétente et si toutes les options de traitement possibles avaient été essayées.
  • Alors que 74% des personnes qui ont demandé SA / E dans une étude avaient une dépression, beaucoup avaient d’autres problèmes qui compliquaient les choses, y compris la toxicomanie, une déficience intellectuel ou des troubles du spectre autistique. Environ la moitié des personnes avaient des troubles de la personnalité, ce qui augmente la probabilité que leurs demandes de suicide assisté ne soient pas stables et constant.
  • En outre, le rapport entre les femmes et les hommes demandant un suicide assisté pour des raisons psychiatriques était supérieur à 2 sur 1. Cela s’accorde avec des statistiques montrant que les femmes sont beaucoup plus susceptibles de tenter le suicide (en tant qu’ « appel au secours ») que les hommes, mais les hommes ont trois fois plus de chances de compléter le suicide. Ainsi, de nombreux « appels au secours » des femmes entraîneront leur mort dans des endroits où le suicide assisté et l’euthanasie sont légalisés pour les troubles psychiatriques.
  • Plus d’un quart des personnes dans l’étude néerlandaise ont demandé la mort à un médecin qu’ils ne connaissaient pas déjà – la plupart dans une clinique d’euthanasie spécialisée. Il est difficile d’imaginer qu’un médecin de famille ou une clinique spécialisée dans l’euthanasie soit en mesure de décider correctement si l’incapacité psychiatrique d’une personne a entravé son jugement, si la personne recevait le meilleur traitement possible et si elle avait épuisé toutes les options de traitement.
  • Une autre préoccupation est de savoir si la légalisation du suicide assisté pour les troubles psychiatriques conduirait les professionnels de la santé mentale à croire qu’il est acceptable d’abandonner le traitement des personnes atteintes de troubles mentaux. Cela entraînerait-il que les personnes atteintes d’incapacités psychiatriques perdre l’espoir d’obtenir un traitement efficace ou de se sentir mieux?
  • Permettre la mort assistée uniquement pour des raisons de santé mentale est une forme de discrimination légalisée contre les personnes ayant un handicap psychiatrique. Cette discrimination existe déjà dans des approches très différentes de la société en matière de soins de santé physique et mentale. Les maladies physiques sont considérées comme incontrôlables, alors que la maladie mentale est considérée comme une défaillance morale.  La santé physique est donc considérée comme une priorité, tandis que les services de santé mentale ont moins de financement et ne sont pas disponibles pour beaucoup de ceux qui en ont besoin. Seulement 1 jeune sur 5 qui a besoin d’un traitement de santé mentale l’obtient; 2/3 des adultes qui ont besoin d’aide ne le cherchent pas, soit parce qu’il n’est pas disponible, soit en raison de la stigmatisation associée à une maladie mentale.
  • Le traitement de la santé mentale a également changé drastiquement au cours des dernières décennies. Au lieu des traitements interactifs, les médecins prescrivent des drogues. La thérapie verbale n’est souvent pas couverte. Si les besoins de quelqu’un ne répondent pas aux pilules, «le système» peut prétendre qu’il est incapable de l’aider.
  • Des rapports des Pays-Bas et de la Belgique ont montré que beaucoup de personnes éuthanasiées à cause d’une incapacité psychiatriques étaient victimes de violence physique et sexuelle. Un exemple est le cas d’ « Ann G. », qui a cherché un traitement pour l’anorexie. Cependant, plutôt que d’être aidé, Ann G. a été abusée sexuellement par son thérapeute. Après avoir accusé publiquement le thérapeute – qui a admis ce qu’il avait fait, mais n’a pas été puni – elle a été approuvée pour l’euthanasie par un autre professionnel de la santé mentale. Ainsi, la mort est devenue une deuxième forme de victimisation.
  • En fait, les personnes qui ont des troubles psychiatriques, souvent stigmatisés comme dangereux, ont des taux plus élevés d’abus, de pauvreté, d’itinérance et de manque de soins de santé adéquats.
  • Les statistiques montrent également que de nombreuses personnes demandant l’euthanasie sont socialement isolée et solitaire. Plutôt que de fournir un soutien psychosocial à ces personnes, le système de santé mentale «les abandonne» en les euthanasiant.
  • Des recherches montrent que les professionnels de la santé mentale portent souvent des sentiments négatifs envers les patients suicidaires. Le « contre-transfert » décrit la réaction d’un thérapeute à son patient en fonction de ses propres problèmes psychologiques. Si un thérapeute a une réaction négative à un client suicidaire, cela peut contribuer à un « résultat négatif »; en d’autres termes, le décès du client.

LE SUICIDE ASSISTÉ SUGGÉRÉ À LA MÈRE D’UNE FEMME HANDICAPÉE À TERRE-NEUVE

  • En novembre dernier, une femme de 25 ans appelée Candice Lewis a été hospitalisée à Terre-Neuve. Mme Lewis a une paralysie cérébrale et le spina bifida, ainsi qu’un trouble de convulsions. Un médecin a suggéré à la mère de Mme Lewis, Sheila Elson, qu’elle devrait être aidée à mourir. Lorsque Mme Elson a refusé de donner son consentement au nom de sa fille, le médecin l’a appelée «égoïste». Mme Lewis a depuis récupéré.
  • Lorsque des informations ont été publiées il y a quelques mois, seules Mme Elson étaient cité, même si Mme Lewis était ciblé par le commentaire du médecin, et était également bouleversé.
  • Cet incident confirme les craintes de nombreuses personnes en situation de handicap: nos voix sont ignorés et nos vies ne sont pas appréciées. La conviction qu’il vaut mieux être mort que handicapé inspire de nombreuses demandes de suicide assisté et tout le mouvement pour «mourir dans la dignité».
  • Les personnes en situation de handicap sont déjà victimes de discrimination dans les soins de santé. Par exemple, ils sont souvent pressés de signer des ordres de «ne pas réanimer» (NPR); nous en parlerons plus en détail la semaine prochaine.