Introduction

Archive des webémissions: Un commentaire fort dans un journal québécois

Cette semaine, nous discutons d'une chronique dans le Journal de Montréal, de deux médecins tueurs en série et de nouveaux développements à l'American Medical Association.

Archive des webémissions: Un commentaire fort dans un journal québécois

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Un commentaire fort dans un journal québécois
  • Des nouvelles en bref :
    • Un ancien infirmier allemand et un médecin américain accusés de meurtres en série;
    • « L’American Medical Association » réaffirme son opposition à l’aide au suicide.

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

UN COMMENTAIRE FORT DANS UN JOURNAL QUÉBÉCOIS

  • Nous avons souvent parlé du biais favorable à l’euthanasie dans la presse traditionnelle, en particulier au Québec. Mais le lundi 10 juin, le Journal de Montréal a publié un article de la chroniqueuse Lise Ravary à propos d’une proposition troublante de la politicienne néerlandaise Corrine Ellemeet, membre du parti GroenLinks (Vert-Gauche). En février, Mme Ellemeet a encouragé les médecins à réfléchir à deux fois avant de proposer certains traitements médicaux aux personnes de plus de 70 ans, tels que les arthroplasties de la hanche ou la dialyse rénale. Le plan aurait été inspiré par la tendance de certains médecins à approuver un traitement intensif qui n’améliorait pas la qualité de la vie.
  • Dans son article, Lise Ravary suggère que la « la décroissance médicale » (« réduire les soins de santé pour les personnes âgées, pour venir en aide à la planète et pour économiser en même temps ») est devenue « la nouvelle marotte des écologistes radicaux. »  Mme Ravary note que, même si les personnes souffrant de dépression ou de dépendances peuvent être euthanasiées aux Pays-Bas et que les autorités belges « avouent avoir perdu le contrôle sur l’application de la loi, » d’autres pays considèrent toujours ces sociétés comme des modèles et des pionniers.
  • En 2013, Mme Ravary a interrogé Véronique Hivon, la politicienne qui a présenté le projet de loi 52. À l’époque, Mme Hivon a déclaré que la clause « fin de vie » allait « nous protéger de toutes les dérives. » Pourtant, le gouvernement du Québec explorait déjà la possibilité de demandes anticipées d’euthanasie dès 2012 et 2013. Les demandes préalables d’euthanasie s’adressent généralement aux personnes atteintes de démence, qui perdront leur capacité à consentir au moment de l’injection de la substance mortelle.
  • Étant donné que l’un des premiers articles du projet de loi 52 mentionne « la primauté des volontés relatives aux soins exprimées clairement et librement », Mme Ravary met en garde contre l’ajoute d’un tel article « sur un coin de table. »
    • Mme Ravary cite un médecin néerlandais qui trouve l’euthanasie des personnes incapable « insupportable », « « vous devez tuer quelqu’un qui ne comprend plus ce qui lui arrive. » Qui ne se souvient pas d’avoir signé un papier naguère jadis, qui n’est pas nécessairement souffrant ou malheureux ? »
    • L’auteur évoque également les nombreux facteurs sociales qui peuvent influer sur une demande de mourir, notamment: la peur des professionnels de la santé de provoquer une dépendance aux analgésiques forts, une gestion de la douleur médiocre en raison de cette peur, la négligence et les conditions inhumaines constatées dans les CHSLD, et le désir de ne pas être un fardeau sur ses proches.
  • Lorsque les temps sont durs, les personnes défavorisées (les aînés et les enfants, les personnes pauvres et handicapées et les minorités raciales) deviennent les boucs émissaires des problèmes de la société. Nous sommes décrits comme « inutiles, » « profiteurs » et « un gaspillage de ressources » dans des sociétés qui valorisent la productivité des personnes.
  • Les changements climatiques commencent à exercer une pression importante sur les pays développés et, comme d’habitude, les personnes handicapées sont gravement touchées, et la réaction qui en résulte défavorise souvent les personnes handicapées. Par exemple, des défenseurs des droits des personnes handicapées se sont prononcés contre les interdictions visant les pailles à boire conçues pour réduire la quantité de déchets plastiques qui finissent dans les décharges et les océans. Ils soulignent que, si les pailles en plastique contribuent peu au problème, leur interdiction obligerait les personnes handicapées à planifier (en portant leurs propres pailles) de manière à ce que les personnes non handicapées ne soient pas obligées, ou être incapables de boire. « La protection de l’environnement doit se faire en collaboration avec les personnes vivant avec un handicap et non à leurs dépens. »
  • Tout en prenant des mesures pour que tout le monde reçoive de bons soins de santé et pour réduire l’impact négatif de l’activité humaine sur la planète, nous devons imputer la responsabilité et les obligations aux puissants intérêts qui ont causé et continuent de bénéficier des conséquences de la consommation débridée.

NOUVELLE EN BREF : UN ANCIEN INFIRMIER ALLEMAND ET UN MÉDECIN AMÉRICAIN ACCUSÉS DE MEURTRES EN SÉRIE

  • L’ancien infirmier allemand Niels Hoegel, qui purgeait déjà une peine d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de deux personnes, a été reconnu coupable du meurtre de 85 autres personnes le 6 juin 2019. Au cours de son procès, Hoegel a admis avoir injecté des drogues à des personnes pour arrêter leur coeur, puis avoir tenté de les réanimer.
  • Les rapports suggèrent que Hoegel s’ennuyait et voulait un défi, qu’il aimait le « jeu » de provoquer des arrêts cardiaques, ramener les gens à la vie, puis se faire féliciter pour son talent.
  • Le psychiatre nommé par le tribunal, Konstantin Karyofilis, a déclaré que Hoegel voulait « gagner le respect de ses collègues » mais qu’il ne voyait plus ses patients comme des personnes.
  • Plus proche de chez nous, William Husel, un médecin de Columbus en Ohio, fait l’objet de 25 accusations de meurtre à la suite d’une enquête du procureur du comté. Il aurait commandé des « doses excessives et potentiellement mortelles d’opioïdes », dont du fentanyl, qu’il aurait administrées à des personnes dans les unités de soins intensifs des hôpitaux où il travaillait. La commission médicale de l’état a suspendu la licence médicale de Husel en janvier.
  • Bien que l’avocat de Husel avoue qu’il n’avait pas l’intention « d’euthanasier qui que ce soit, » le procureur Ron O’Brien a déclaré que les fortes doses de médicaments « ne pouvaient servir aucun objectif médical légitime », car leurs destinataires n’étaient ni en état d’alerte ni capables de ressentir la douleur.
  • Les responsables sont également préoccupés par l’échec des garanties qui entraînent les décès. L’électronique conçus pour prévenir les ordres « douteux » auraient dû alerter les pharmaciens et les infirmières des fortes doses prescrites par le médecin. Les avocats des familles des victimes essaient encore de savoir ce qui ne va pas.

NOUVELLE EN BREF : « L’AMERICAN MEDICAL ASSOCIATION » RÉAFFIRME SON OPPOSITION À L’AIDE AU SUICIDE

  • Les délégués à la réunion annuelle de « l’American Medical Association » ont voté lundi pour réaffirmer l’opposition de l’AMA au suicide assisté par un médecin. LifeSite News a rapporté que les délégués ont entériné la politique actuelle par une marge de 392 contre 162. La politique stipule: « Le suicide assisté par un médecin et l’euthanasie sont fondamentalement incompatibles avec le rôle du médecin en tant que guérisseur, seraient difficiles, voire impossibles à contrôler, et poseraient de graves risques sociétaux. »
  • Le vote intervient après des années de lobbying intense des partisans de l’euthanasie encourageant l’AMA à adopter une position neutre sur le suicide assisté. Le Conseil sur les affaires éthiques et judiciaires a choisi d’utiliser l’expression « suicide assisté par un médecin » car elle « décrit la pratique avec la plus grande précision. »