Introduction

Archive des webémissions: Le suicide et les forces armées du Canada

Cette semaine, nous examinons les risques - et les remèdes - de suicidabilité chez les anciens combattants canadiens, ainsi que les effets de l'euthanasie sur les militaires.

Archive des webémissions: Le suicide et les forces armées du Canada

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck, Christian Debray et Taylor Hyatt discutent:

  • Le suicide et les forces armées du Canada

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

LE SUICIDE ET LES FORCES ARMÉES DU CANADA

  • Cette semaine, nous examinons les taux élevés de suicide chez les anciens combattants canadiens, le lien entre l’aide médicale à mourir (l’AMM) et les efforts de prévention du suicide de l’armée, ainsi que le rôle que pourrait jouer la Méfloquine dans la maladie mentale et le suicide parmi les anciens combattants.
  • Les vétérans du Canada appartiennent à deux groupes de population en fonction de l’époque de leur service militaire.
    • Il reste environ 48 000 anciens combattants de « l’époque de la guerre, » (c’est-à-dire de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée), âgés en moyenne de 92 ans.
    • Les 600 000 autres anciens combattants des « forces armées » comprennent des vétérans des forces régulières et de la première réserve, âgés en moyenne de 58 ans.
  • L’étude de 2017 sur la mortalité par suicide chez les vétérans a révélé que de 1976 à 2012 au Canada:
    • 1 421 anciens combattants (hommes) et 65 vétérans féminines se sont suicidés;
    • Les anciens combattants de sexe masculin avaient un risque global de suicide de 1,4 fois supérieur à celui de la population en général, les hommes les plus jeunes étant les plus exposés;
    • Les femmes vétérans couraient 1,8 fois plus de risques de mourir par suicide que la population en général, et cela s’appliquait aux femmes de tous âges;
    • Le risque de suicide chez les anciens combattants, hommes et femmes, est resté supérieur à celui de la population en général et est demeuré relativement inchangé au cours des quatre dernières décennies. Les taux annuels ont montré de grandes fluctuations mais il n’y avait aucune augmentation significative avec le temps.
  • Le ministère de la Défense nationale a également publié des études annuelles sur la suicidalité au sein des Forces armées canadiennes actives au cours des dernières années. Le rapport de 2018, qui compile les données de 1995 à 2017, a révélé que 266 hommes servant dans les Forces canadiennes et 15 femmes se sont suicidés. Cependant, nous n’avons pas pu trouver d’informations sur les problèmes de santé mentale pour l’ensemble du groupe.
  • Anciens Combattants Canada a également mené une étude à long termepour déterminer si des groupes particuliers d’anciens combattants risquent de se suicider au moment de leur libération de l’armée. L’étude a montré que:
    • Plus une personne est jeune au moment de sa démobilisation, plus son risque de suicide sera élevé dans les prochaines années. Les hommes libérés avant d’avoir 34 ans avaient le plus grand risque de suicide. Comparés aux hommes libérés à 45 ans ou plus, les hommes ayant quitté l’armée avant l’âge de 25 ans étaient trois fois plus susceptibles de se suicider.
    • Pour les hommes ayant quitté l’armée entre 1992 et 2012, le risque de suicide est le plus élevé au cours des cinq premières années qui suivent leur départ. Après 20 ans, leur risque de suicide correspond à celui de la population en général.
    • Chez les femmes, le risque de suicide augmente avec le temps. Le taux de suicide est nettement plus élevé que celui de la population en général au cours de la deuxième décennie suivant la libération. Plus de 20 ans après leur démobilisation, toutefois, le taux du suicide chez les femmes vétérans « n’était pas statistiquement différent » de ceux des autres femmes canadiennes.
    • Les femmes vétérans sont également plus susceptibles que les hommes combattants d’avoir des idées suicidaires ou des problèmes psychologiques.
  • Le risque de suicide était plus grand chez les hommes et les femmes qui étaient des sous-officiers subalternes (plutôt que des officiers) au moment de leur libération.
  • Le Guide du clinicien des Forces Armées Canadiennes sur la prévention du suicide, destiné aux professionnels de la santé, répertorie l’incapacité, la douleur chronique, les lésions cérébrales et les problèmes psychologiques comme facteurs de risque de suicide. Cependant, le guide ne donne aucun conseil pour travailler avec ces populations particulières.
  • L’article du Centre de prévention du suicide sur les suicides militaires (en anglais seulement) décrit une « culture verte » qui se caractérise par « le secret, le stoïcisme et le déni »; où se confier à un médecin ou à un thérapeute au sujet du syndrôme de stress post-traumatique ou d’une agression sexuelle peut mettre fin à sa carrière « puisqu’il n’y a aucune attente de confidentialité. » L’article décrit certains « facteurs de protection » qui peuvent rendre le suicide moins probable.
    • Les déploiements plus courts et moins fréquents;
    • Le dépistage plus rigoureux des nouvelles recrues pour des problèmes de santé mentale;
    • Les soutiens sociaux;
    • Les facteurs de protection psychologiques (la résilience, avoir un objectif ou un but) et;
    • L’accès aux traitements de santé mentale.
  • Anciens Combattants et les Forces armées canadiennes ont élargi leurs services de santé mentale et de prévention du suicide au cours des dernières années afin de lutter contre les suicides chez les militaires. Cependant, aucun de ces projets ne mentionne le suicide assisté ou l’euthanasie (le SA & E), et le système de surveillance de l’AMM n’enregistre pas le statut militaire des personnes qui demandent de le SA & E. Ainsi, un certain pourcentage de suicides parmi le personnel militaire actuel et ancien ne sera pas constaté.
  • Anciens Combattants Canada mène également des études périodiques sur « la vie après le service militaire » qui portent sur les aspects sociaux, financiers, de santé physique et mentale, d’emploi et autres aspects de la vie après le service.
  • L’annexe 4 de l’étude 2016 présente les évaluations de la santé physique et mentale des anciens combattants.
    • Sur une échelle de santé physique autoévaluée,
      • 45,5% ont déclaré avoir une santé « très bonne ou excellente »;
      • 31,4% ont jugé leur santé « bonne »;
      • 23,1% ont déclaré avoir une santé « passable ou piètre ».
    • Sur une échelle de santé mentale autoévaluée:
      • 55,6% ont déclaré avoir une santé mentale « très bonne ou excellente »;
      • 23,3% ont jugé leur santé mentale « bonne »;
      • 21,1% ont déclaré avoir une santé mentale « passable ou piètre. »
  • L’annexe 6 montre que les anciens combattants avaient plus de problèmes de santé physique et mentale que la population en général:
    • 40,8% des anciens combattants souffraient de la douleur chronique, comparativement à 21,7% dans la population en général. Les taux étaient également plus élevés pour les problèmes de dos et les migraines.
    • 29,1% des anciens combattants souffraient d’arthrite, contre 13,6% dans la population en général;
    • 11,9% des anciens combattants avaient des problèmes d’audition, comparativement à 2,7% dans la population en général;
    • 20,5% des anciens combattants souffraient de dépression, contre 7,4% dans la population en général;
    • 14,6% des anciens combattants avaient des troubles d’anxiété, contre 5,7% dans la population en général;
    • 16,4% des anciens combattants avaient l’État de stress post-traumatique, contre 1,3% dans la population en général;
    • 58,9% des anciens combattants avaient des limitations d’activité « occasionnelles » ou « fréquentes », par rapport à 25,5% de la population en général.
  • La bureaucratie du ministère des Anciens Combattants semble à la surface être simple; on peut soit les contacter en ligne, appeler un numéro de téléphone sans frais (y compris une ligne ATS) ou visiter un bureau en personne. Cependant, le grand nombre de programmes, le volume de paperasse nécessaire pour pouvoir remplir chacun de ces programmes et le stress lié au rappel de traumatismes liés au service peuvent être accablants pour de nombreuses personnes qui ont besoin d’aide. Il existe des organisations des pairs qui fournissent de l’aide et du soutien individuel.
    • La Légion est le plus grand groupe de défense des droits des anciens combattants.
    • Wounded Warriors Canada est un organisme de bienfaisance qui offre des services de santé mentale aux anciens combattants et à leurs familles, y compris la thérapie individuelle, de couple et de groupe, la thérapie équine et les chiens d’assistance pour les anciens combattants atteints du syndrôme stress post-traumatique.
    • Les Services de transition d’urgence pour anciens combattants (connu sous le nom de VETS Canada) mettent les anciens combattants en contact avec des ressources telles que le logement abordable, les prestations gouvernementales, les soins de santé, une aide financière pour couvrir leurs frais de subsistance et un emploi.
  • Un grand nombre d’anciens combattants sont également aux prises avec des effets secondaires sur le comportement et la santé mentale d’un médicament antipaludique appelé Mefloquine administré aux soldats à partir du début des années 90. Les soldats déployés en Somalie, à Haïti, en Afghanistan et ailleurs ont reçu l’ordre de prendre le médicament, mais n’ont pas été informés de ses effets secondaires potentiels. Beaucoup signalent des symptômes similaires au syndrôme stress post-traumatique, notamment des cauchemars, une psychose, de la rage, de la paranoïa, de l’insomnie et des acouphènes. Plusieurs poursuites sont intentées contre le gouvernement canadien.
  • Bien que le gouvernement canadien n’utilise plus la Méfloquine comme médicament antipaludique de première intention (depuis 2017), la Légion royale canadienne a demandé au ministre de la Défense l’année dernière de cesser d’utiliser la drogue jusqu’à ce que de nouvelles recherches soient terminées.
  • Selon le caporal (à la retraite) Carmela Hutchison, qui a servi avec les escadrons des Communications 734 (Regina) et 746 (Calgary), l’entraînement militaire enseigne aux soldats qu’ils sont des pièces (remplaçables) d’une machine dont la fonction est d’atteindre un objectif militaire. Ce sont des outils, et une autre personne peut toujours prendre leur place. Par conséquent, beaucoup d’anciens combattants nouvellement atteinte d’une déficience croient qu’ils n’ont plus de valeurs dès qu’ils ne peuvent plus exercer leurs fonctions militaires. Ils ont le sentiment d’avoir perdu leur raison d’être lorsqu’ils ne peuvent plus travailler pour leur pays.
  • Ceux qui font la promotion du suicide assisté et de l’euthanasie envoient le même message: acquérir une déficience signifie qu’une personne cesse de contribuer et devient un fardeau. Ils disent qu’en dehors de son rôle précédent, la vie n’a plus d’importance et il est égoïste de continuer à vivre.
  • Les efforts de prévention du suicide des Forces armées canadiennes et d’Anciens Combattants Canada seront inefficaces et incomplets tant que les soldats croient que leur carrière et leurs avantages seront à risque s’ils démontrent une détresse psychologique, et que le système de surveillance de l’AMM ignore les militaires qui en demandent l’euthanasie.

ANNONCE

  • Il s’agit de la dernière Webémission avant la pause d’été pour nous concentrer sur d’autres projets. Si tout va bien, nous serons de retour le vendredi 23 août avec plus de sujets liés au suicide assisté, à l’euthanasie et à d’autres pratiques de fin de vie. En attendant, vous pouvez visiter notre site Web à tvndy.ca pour consulter notre collection de plus de 200 Webémissions.