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Archive des webémissions: Les personnes avec déficiences et les catastrophes naturelles

Un webémission sur: les catastrophes naturelles et les déficiences. Nous examinons l'ouragan Katrina, des guides de préparation aux situations d'urgence de l'Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique, ainsi que des secours accessibles en cas de catastrophe.

Archive des webémissions: Les personnes avec déficiences et les catastrophes naturelles

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck, Christian Debray, et Taylor Hyatt discutent:

  • Les personnes avec déficiences et les catastrophes naturelles

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

LES PERSONNES AVEC DÉFICIENCES ET LES CATASTROPHES NATURELLES

  • Une semaine après que Taylor aie suggéré le sujet pour aujourd’hui, six tornades ont frappé la région d’Ottawa et Gatineau, suivant un été marqué par une canicule qui a tué 89 personnes au Québec et par des incendies de forêt sans précédent dans l’Ontario et la Colombie-Britannique.
  • Malgré que Taylor habite au centre-ville d’Ottawa, elle a eu la chance de perdre le courant que pendant 45 minutes lorsque la tempête a frappé. Une lampe de poche âgée de dix-huit ans a fait son travail, mais elle en a commandé une nouvelle depuis!
  • Pour d’autres personnes handicapées, telles qu’Ellen Lougheed, ne pas avoir l’électricité pendant plusieurs jours signifiait qu’elle ne pouvait pas recharger son fauteuil roulant, ajuster son lit ou utiliser son appareil de pression positive continue pour l’aider à respirer la nuit.
  • Comme les effets « non naturels » de l’activité humaine sur le climat aggravent parfois les « catastrophes naturelles, » les conséquences de telles catastrophes sont aggravées pour les personnes handicapées par les effets « non naturels » de la discrimination et les préjugés envers les personnes avec déficiences. L’un des exemples récents les plus tristement célèbres est l’euthanasie de patients au Memorial Medical Center de La Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina en 2005. Environ 2 000 employés, patients, familles et animaux de compagnie ont été piégés par les eaux de crue lorsque les digues se sont brisées après la tempête. L’hôpital a perdu de l’électricité (la climatisation, les ascenseurs, l’éclairage), l’eau courante (les bains, l’assainissement), du matériel médical et les communications extérieures. En raison de problèmes de communication et manque de ressources, l’évacuation a été retardée et très lente. Au début, les personnes étaient évacuées par pont aérien grâce à un héliport hors service auquel on accédait par un parcours compliqué en montée et en descente.
  • L’équipe médicale a trié des patients pour l’évacuation en fonction de leurs chances de survie, de la possibilité de se déplacer eux-mêmes et la présence d’une ordonnance de « ne pas réanimer » dans leur dossier. Les personnes qui étaient immobiles, les plus malades et celles qui avaient un « ONR » étaient les dernières à être secourues. Finalement, 23 personnes de ce groupe ont reçu un mélange de morphine et d’un sédatif qui les a tuée, alors même qu’encore des hélicoptères arrivaient pour transporter les personnes en sécurité.  Le grand jury dans l’affaire a refusé de porter des accusations.
  • En général, les personnes avec déficiences sont plus susceptibles d’être blessées ou tuées lors de catastrophes naturelles pour les raisons suivantes:
    • Les systèmes d’alerte précoce et les instructions peuvent ne pas être accessibles;
    • Les procédures d’évacuation ne s’adaptent pas aux personnes qui ne peuvent pas marcher;
    • Les gens sont obligés de laisser du matériel adaptatif derrière eux;
    • Les pannes d’électricité affectent les appareils médicaux et l’équipement adaptatif,
    • Les personnes qui ont besoin d’une assistance personnelle souvent ne peuvent pas obtenir d’aide.
  • Certaines stratégies d’adaptation dépendent de la planification et de la préparation individuelles, telles que:
    • Identifier et se préparer aux aléas de votre lieu de résidence, tels que les feux de maison, les incendies de forêt, les déversements chimiques ou les accidents nucléaires, les temps violents, les inondations, les tremblements de terre, les tsunamis, les volcans ou les glissements de terrain;
    • Faire un plan:
      • Pour la sécurité à la maison;
      • pour évacuer; et
      • Pour contacter la famille et votre réseau de soutien.
    • Préparer une trousse de survie en situation d’urgence comprenant:
      • Les fournitures de base pour la survie, telles que nourriture, eau, lampes de poche, piles, etc., et
      • Les articles liés à l’incapacité, tels que l’équipement médical, les ordonnances, les médicaments, les appareils de mobilité, l’audition, la vision et la communication, les services d’assistance personnelle, les animaux d’assistance, etc.
  • Nous avons examiné plusieurs guides qui traitent de la préparation aux urgences pour les personnes en situation de handicap.  Chaque plan a ses forces et ses faiblesses.
    • Le Guide (fédéral) de préparation aux urgences à l’intention des personnes ayant des incapacités est présenté simplement; c’est facile à suivre et à comprendre. (Bien que la version PDF ne fonctionne pas bien avec les lecteurs d’écran, elle est également disponible en HTML.) Le plan suppose que les téléphones publics sont encore courants, alors assurez-vous d’apporter de la monnaie! Cela suggère que les utilisateurs d’appareils de mobilité motorisés ont des piles de rechange sous la main (comme s’il y avait des piles de fauteuils roulants à la pelle).
    • Le Guide de préparations aux situations d’urgence à l’intention des personnes ayant une déficience ou des besoins particuliers de l’Ontario (aussi disponible en HTML) comprend une liste d’organisations liées à l’incapacité qui a été consultée lors de la création du guide. De plus, le site Web du Québec sur « Les mesures de sécurité en cas d’urgence » renvoie les visiteurs au guide de l’Ontario.
    • The PreparedBC Resources for People with Disabilities incluent une liste complète (mais effrayante) des dangers possibles auxquels il faut se préparer.
  • Aucun d’entre eux ne semble prendre en compte la pauvreté. De nombreuses personnes avec déficiences n’ont pas les moyens d’acheter de générateurs, les piles de fauteuil roulant ou de véhicules
  • La défenderesse des droits des personnes en situation de handicap Anita Cameron, a une meilleure approche. Dans son article détaillé sur la planification d’urgence pour les personnes avec déficiences fondée sur le bon sens, elle suggère de constituer une réserve de nourriture et d’eau, un article à la fois. Cela peut être aussi simple que d’acheter une cannette de soupe supplémentaire quand on peut et de l’ajouter à une boîte de fournitures d’urgence. Conservez également des copies supplémentaires de documents importants (ordonnances, carte d’assurance maladie et certificat de naissance, par exemple) dans un sac que vous pourrez facilement saisir si vous devez quitter le domicile rapidement.
  • Le succès d’un plan personnel dépend de la manière dont les agents publics préparent et gèrent les catastrophes. Par exemple, même si votre « sac à dos » est prêt, avec des médicaments pour un mois, des documents et des équipements, il ne vous servira à rien si l’abri d’évacuation n’est pas accessible. En 2015, une femme californienne a perdu la vie dans un incendie parce que les personnels d’urgence ne l’ont pas atteinte à temps.
  • Trouver des informations sur l’accessibilité des plans de gestion des urgences n’est pas facile. Les plans d’urgence locaux ne sont généralement pas disponibles sur l’internet. Le plan d’action d’urgence du Québec met l’accent sur les devoirs des agents de l’État et des propriétaires d’immeubles.
  • Par contre, le Système ontarien de gestion des incidents (SOGI)n’utilise le mot « handicapé » qu’une seule fois, lié aux avis publics.  Le terme « fauteuil roulant » n’apparaît pas. En Colombie-Britannique, les plans d’urgence sont élaborés au niveau local, conformément à la réglementation provinciale. Le règlement relatif à la gestion des programmes ne mentionne pas l’accessibilité, mais indique que le ministre de la Santé doit « fournir des services de soutien et de supervision aux personnes handicapées ou médicalement incapacités affectées par une urgence. »
  • Aux États-Unis, Portlight Strategies (sous la direction de Paul Timmons) et le Partnership for Inclusive Disaster Strategies (sous la direction de Marcie Roth) collaborent depuis 20 ans avec les gouvernements et les organisations à but non lucratif afin de rendre accessibles à plus grande échelle les secours en cas de catastrophe. Les fondations ont négocié avec la Federal Emergency Management Agency (FEMA) et la Croix-Rouge des États-Unis. Voici quelques exemples de leur travail:
    • Ils ont fourni des secours et une assistance au rétablissement des personnes handicapées affectées par les attaques terroristes du 11 septembre, aux ouragans KatrinaHarvey, (et à bien d’autres); le super orage Sandy; nombreuses tornades, le séisme en Haïti en 2010 et les incendies de forêt dans la butte et la vallée en Californie.
    • Ils organisent des conférences pour former et échanger des informations avec les responsables gouvernementaux et les dirigeants d’agences sur la manière de garantir l’accessibilité en cas d’urgence. De plus, Portlight travaille avec des abris d’urgence pour s’assurer qu’ils sont accessibles.
    • Ils militent pour l’inclusion des défenseurs des droits des personnes en situation de handicap dans la planification en cas de catastrophe, afin de garantir que les valeurs d’accessibilité et d’équité occupent une place prépondérante dans la gestion des catastrophes et le rétablissement.
  • En fin de compte, chaque personne doit assumer la responsabilité de sa propre sécurité en cas d’urgence. Cela signifie élaborer un plan, assembler une trousse de survie, connaître la politique locale en matière de gestion des catastrophes et informer la police et les responsables des services d’incendie et de secours de leurs besoins en cas d’urgence. Dans le même temps, les personnes avec déficiences doivent travailler ensemble pour réduire l’impact de la discrimination dans la gestion de ces situations de vie ou de mort et s’entraider lorsque les conditions sont difficiles.