Introduction

Marieke Vervoort: l’influence d’un athlète utilisée pour faire du mal?

Lisez les réflexions de Taylor sur la récente euthanasie de la paralympienne belge.

Marieke Vervoort: l’influence d’un athlète utilisée pour faire du mal?

Marieke Vervoort: l’influence d’un athlète utilisée pour faire du mal?
25 octobre 2019
Taylor Hyatt – Analyste des politiques et coordonnatrice de la sensibilisation
Toujours Vivant-Not Dead Yet

Après les Jeux paralympiques de 2016 à Rio de Janeiro, au Brésil, la sprinteuse belge en fauteuil roulant Marieke Vervoort a fait deux annonces choquantes. D’abord, elle prenait sa retraite; les Jeux paralympiques de Rio auraient été son dernier événement sportif. Deuxièmement, elle considérait l’euthanasie en raison de la progression de sa condition neuromusculaire.

Mme Vervoort était une athlète accomplie. Elle a gagné la médaille d’or dans le 100 m et l’argent dans le 200 m aux Jeux de Londres de 2012, ainsi que la médaille d’argent dans le 400 m et le bronze dans le 100 m à Rio. Jusque-là, le sport lui avait donné « une raison de continuer à vivre ». Malheureusement, Mme Vervoort a suivi son plan; selon une déclaration publiée par sa ville natale, Diest, elle s’est fait euthanasié le 22 octobre.

Depuis que son désir de mourir a été rendu public, Mme Vervoort a fait plusieurs déclarations publiques en faveur de l’euthanasie. Elle a confié à CNN qu’elle avait « repris le contrôle » de sa vie quand elle avait été approuvée pour la procédure en 2008. Elle considérait l’euthanasie comme « s’endormir … une chose pacifique » et un moyen de sortir de ses souffrances insupportables. Mme Vervoort a apprécié le sentiment de « repos » que lui ont procuré ses « papiers » et a été soulagée de ne pas devoir mettre fin à ses jours de manière plus traditionnelle et douloureuse.

Mme Vervoort a vécu avec une douleur grave et un manque de sommeil en raison de son incapacité. Elle n’a pas reçu de soutien pour gérer ces aspects de son état. Cela soulève des questions, telles que:

  • Quels mesures de soins palliatifs a-t-elle reçu pour l’aider à gérer son état évolutif? Nous savons déjà que les soins palliatifs sont souvent indisponibles et sous-financés. De plus, la plupart des médecins ne connaissent pas les techniques avancées de gestion de la douleur.
  • A-t-elle était soutenu par un conseiller de ses pairs alors qu’elle était aux prises avec les changements radicaux associés à la retraite et à une condition progressive? Le message « mieux morts que handicapés » était probablement plus difficile à contrer car son identité était liée au sport depuis longtemps. Après avoir consacré tant de temps à sa carrière, il serait difficile de répondre à la question « Qui est Marieke Vervoort, sinon une athlète? ». Cependant, comme nous tous, la valeur de Mme Vervoort n’est pas liée à son utilité supposée dans un domaine particulier. Les êtres humains ne sont pas des cartons de lait – ils n’ont pas de date d’expiration! La retraite n’enlèverait pas non plus ses réalisations.
  • Est-ce que quelqu’un a répondu à son intérêt pour la mort avec un encouragement à vivre ou lui a présenté d’autres options?
  • Si Mme Vervoort était plongée dans des messages en faveur du suicide, a-t-elle finalement eu l’impression qu’elle n’avait d’autre choix que d’agir en conséquence?

Mme Vervoort a fait de son suicide une affaire publique. Elle a utilisé son influence pour convaincre les autres que mettre fin à leurs jours est une réponse acceptable à une situation difficile. Je m’imagine en tant qu’une jeune admiratrice de Mme Vervoort entendant que la mort est un moyen à la fois valide et accessible de faire face à la détresse, et ça me brise le cœur. Je n’ai jamais été particulièrement intéressé par le sport, mais j’ai été déçu par une personne célèbre que j’admirais.

À l’école secondaire, la politique – et les débats éthiques sous-jacents – sont devenus ma passion. Un enseignant a remarqué mon intérêt croissant et a souligné que le député Steven Fletcher, un homme avec une déficience, était membre de la Chambre des communes. J’ai enfin rencontré M. Fletcher – non pas lors d’une visite au Parlement avec ma classe, comme je l’avais initialement espéré, mais de part et d’autre du débat sur l’euthanasie a la Cour suprême. Heureusement, mes études universitaires étaient bien avancées à cette époque. Bien que désappointé, j’étais bien conscient des risques de placer des personnages célèbres sur des piédestaux.

Les personnages publics sont humains et faillibles, et parfois ne répondent pas à nos attentes. D’autre part, ces mêmes personnages doivent se rappeler que beaucoup de gens, en particulier les jeunes, y voient des exemples. Combinée au manque de modèles d’identification des personnes avec déficiences et aux effets de la contagion du suicide, le décès prématuré d’une femme pourrait avoir un effet de propagation inquiétant.

Que Marieke Vervoort repose en paix. J’espère que tous ceux qui l’ont laissée tomber en laissant son souhait de mourir passer inaperçu ont changé d’avis. Sinon, plus de jeunes fans pourraient être motivés à suivre ses traces, et plus de vies pourraient être perdues.