Introduction

Archive des webémissions: Le Dr. Harvey Schipper

Cette semaine, nous discutons de la controverse suscitée par les allusions du Dr Harvey Schipper à l’Allemagne nazie lors de ses études sur l’euthanasie.

Archive des webémissions: Le Dr. Harvey Schipper

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Le Dr. Harvey Schipper : Victime du « troisième rail » du débat sur le suicide assisté
  • FOIRE AUX QUESTIONS : Ces demandes de suicide ne proviennent pas de la maladiementale. Ce sont des personnes compétentes et pleinement informées qui font un choix rationnel pour éviter les douleurs et les souffrances atroces. Ne devrions-nous pas les traiter différemment de ceux qui ont une «maladie mentale»?

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

LE DR. HARVEY SCHIPPER: VICTIME DU « TROISIÈME RAIL » DU DÉBAT SUR LE SUICIDE ASSISTÉ

  • Le mois dernier, nous avons annoncé la formation de trois panels académiques pour étudier l’expansion potentielle du programme de suicide assisté du Canada pour inclure les mineurs mûrs, les personnes atteintes de maladie mentale et les personnes atteintes de démence. Le Dr Harvey Schipper a été choisi pour présider le comité sur les directives anticipées des personnes atteintes de démence, apportant son expérience en tant que médecin et avocat à la tâche.
  • Lors de sa nomination le 28 avril, « Dying with Dignity Canada » a affichez sur son site Web et sur la page Facebook une critique de la nomination d’un adversaire «strident» du suicide assisté. Le péché de Schipper: reliant le suicide assisté au programme nazi d’euthanasie.
  • Le blog a été repris le même jour par le journaliste politique Joan Bryden, dont l’article d’opinion attaquant Schipper a apparu dans le Toronto Star et le Metronews, entre autres.
  • Suite à la controverse, le Dr. Schipper a quitté sa position de chef du comité.
  • Dans un commentaire en 2014, le Dr Schipper a déclaré: « Des arguments semblables concernant le soulagement de la souffrance ont été utilisés par les nazis pour justifier l’extermination des personnes affaiblies et handicapées, puis les malades mentaux … »
  • Personne n’a contesté la vérité de la déclaration de Schipper, mais seulement son lien entre les valeurs eugéniques qui ont poussé le programme nazi T-4 et le mouvement moderne pour l’euthanasie et le suicide assisté.
  • Le programme d’euthanasie nazie a toujours été le «troisième rail» pour les opposants au suicide assisté : Touchez-le et vous mourez, vous perdrez toute votre crédibilité.
  • Cependant, la propagande utilisée pour vendre aux citoyens allemand le programme d’euthanasie eugénique nazi ressemble de façon frappante aux actualités que nous trouvons aujourd’hui dans les médias. Le chercheur Dick Sobsey décrit l’histoire centrale du film de 1941 Ich Klage An (« J’accuse »).
  • « Une femme perdait le contrôle sur son corps car elle a perdu du terrain dans une affection neurologique dégénérative. Son mari et un autre ami proche ont observé sa demandé d’aide pour la libérer de sa souffrance, mais la loi ne leur permettait pas de lui donner l’euthanasie ». Enfin, le mari courageux défie la loi, et lui permet de mourir avec dignité.
  • Lors de son procès, le mari déclare: «J’accuse la loi qui entrave les médecins et les juges dans leur tâche d’aider les gens. Je l’avoue … J’ai délivré ma femme de ses souffrances, suite à ses souhaits. Ma vie et la vie de tous ceux qui subiront le même sort que ma femme, dépendent de votre verdict. Maintenant, rendez votre verdict. « 
  • La capacité de rappeler cette utilisation historique de la propagande semble faire de Dr. Schipper un candidat excellent pour diriger un comité qui décide si les directives anticipées doivent être appliquées lorsqu’une personne a une démence. Après tout, George Santayana a mis en garde: « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter. »

FOIRE AUX QUESTIONS: Ces demandes de suicide ne proviennent pas de la maladie mentale. Ce sont des personnes compétentes et pleinement informées qui font un choix rationnel pour éviter les douleurs et les souffrances atroces. Ne devrions-nous pas les traiter différemment de ceux qui ont une «maladie mentale»?

  • L’idée d’un «suicide rationnel» a été promue par quelques chercheurs, mais n’a été acceptée par aucune des principales associations de santé mentale. Les enquêtes qui montrent le soutien du «suicide rationnel» peuvent, en fait, révéler davantage sur le biais sur l’incapacité chez les professionnels de la santé mentale que sur les raisons pour lesquelles les gens veulent mourir.
  • Dans la dernière version du « Diagnostic and Statistical Manual » (DSM V) publié par l’American Psychiatric Association en 2012, les évaluations du risques de suicide incluent si une personne a une incapacité comme cause potentielle. En d’autres termes, la présence d’un handicap est une raison pour offrir des services de prévention du suicide.
  • Il existe des facteurs sociaux qui peuvent causer des sentiments suicidaires, tels que l’isolement, l’intimidation, la pauvreté, la violence, la dévaluation par la société, l’institutionnalisation, les problèmes d’identité, la privation culturelle et linguistique, la toxicomanie et autres. Ceux-ci sont tous associés à la discrimination à l’égard des personnes handicapées, ainsi que d’autres groupes tels que les membres des Premières nations, les personnes LGBT, les anciens combattants et d’autres groupes privés de droits.
  • En outre, les personnes handicapées et les personnes âgées sont sujettes à des taux élevés d’abus et de violence domestique, un autre facteur qui contribue au suicide.
  • Les études réalisées sur les demandes de suicide assisté ont révélé que les raisons invoquées par les personnes qui demandent un suicide assisté sont semblables à celles des personnes suicidaires non handicapées. De plus, les personnes qui demandent un suicide assisté sont susceptibles d’être influencées par les mêmes mesures de prévention du suicide qui sont efficaces pour les personnes non-handicapées et suicidaires.
  • Enfin, lorsque les personnes handicapées n’ont pas un «choix» quant à l’endroit et la façon de vivre, l’idée d’un «choix» de mourir est une illusion. Ce n’est pas que les gens sont incapables de faire un choix, ils n’ont tout simplement aucun choix viable à faire.