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Archive des webémissions: Des Nations Unies sont en faveur du suicide assisté

Cette semaine, nous examinons le nouveau commentaire des Nations Unies sur le droit à la vie, qui favorise le suicide assisté.

Archive des webémissions: Des Nations Unies sont en faveur du suicide assisté

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Un projet de commentaire des Nations Unies en faveur du suicide assisté
  • L’Association canadienne pour la santé mentale s’oppose à l’expansion du suicide assisté et l’euthanasie pour les personnes ayant une déficience psychiatrique

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

UN PROJET DE COMMENTAIRE DES NATIONS UNIES EN FAVEUR DU SUICIDE ASSISTÉ

  • En août, nous avons découvert que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies mettait à jour son commentaire général sur la section «droit à la vie» du Pacte sur les droits civils et politiques. Les «Commentaires généraux» sont l’interprétation par le Comité des droits de l’homme de l’article 6 du Pacte. C’est la troisième fois qu’une interprétation est en cours de révision; le premier depuis 1985. Au 10e paragraphe, la mise à jour suggère que les membres de l’ONU devraient permettre la légalisation du suicide assisté. TVNDY va soumettre des commentaires sur cette section (avant l’échéance de 6 Octobre) en encourageant l’ONU à s’opposer au SA / E.  Pour plus d’information, visitez http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CCPR/Pages/GC36-Article6Righttolife.aspx (Le lien est en anglais seulement, mais le texte des commentaires proposés est disponible en Français).
  • Tout d’abord, la déclaration reconnaît que les gens pensent au suicide en cas de crise et de vulnérabilité. Par conséquent, la décision de mettre fin à sa vie ne peut pas être faite librement, et les États membres devraient empêcher les gens de passer à l’acte de suicide. C’est le seul point excellent dans toute la section.
  • La prochaine partie propose que les États parties « [peuvent autoriser] ou [ne devraient pas empêcher] les professionnels de la médecine [à] [d’]administrer un traitement médical ou [de] donner d’autres moyens médicaux permettant d’accélérer la fin de vie. » En d’autres termes, les pays devraient permettre le suicide assisté ou l’euthanasie. Comme d’habitude dans cette discussion, le Comité commence à se contredire.
  • La description du Comité des personnes qui « en bénéficieront » est très discriminatoire.  Le suicide assisté et l’euthanasie serait permis pour « [les] adultes se trouvant dans un état [extrêmement] grave, comme les personnes mortellement blessés ou atteintes d’une maladie en phase terminale, qui éprouve une douleur ou une souffrances physiques ou psychologique aigue, et veulent mourir dans la dignité».
  • En prenant cette phrase à part, l’ONU réserve le SA / E pour
    • Des adultes dans un état grave …
    • qui éprouvent une douleur ou une souffrance physiques ou psychologique aigue
    • [qui] veulent mourir dans la dignité.
    • Y compris un sous-ensemble de personnes qui sont [mortellement] blessées ou en phase terminale.
  • Ce qu’ils disent vraiment, c’est la même chose que le suicide est acceptable pour les personnes ayant des incapacités physiques et psychiques…et ceux qui sont en train de mourir.  Effectivement, des messages contradictoires,
  • Le Comité ne parle pas de la cause de la souffrance physiques ou mentales. Alors que tous ceux qui sont admissibles au suicide assisté ont une sorte d’incapacité, la vie en situation de handicap n’est pas aussi horrible que l’on dit! La plupart des problèmes liés au handicap proviennent de la discrimination, des obstacles physiques et du manque de soutien pour la vie autonome. C’est certainement le cas dans des pays riches comme le Canada, mais la résolution des problèmes liés à l’incapacité est l’objectif de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, que le Canada a signé en 2010. Il y a beaucoup plus de problèmes dans les pays en développement qui sont membres de l’ONU.
  • Même si quelqu’un souffre d’une maladie terminale ou d’une blessure mortelle, la douleur peut presque toujours être géré avec des soins palliatifs efficaces. Malheureusement, les soins palliatifs ne sont pas disponibles à beaucoup de personnes qui en ont besoin. La plupart des médecins reçoivent peu de formation pour soulager la douleur. Encore une fois, si cela est vrai pour les médecins dans les pays riches, imaginez les difficultés des systèmes médicaux les plus pauvres à travers le monde.
  • Les médecins doivent s’assurer que la décision de leur patient est « explicite, non ambiguë, libre et éclairée. » Plusieurs facteurs peuvent faire que le « choix » de mourir est tout le contraire. Les inégalités comme le déséquilibre de pouvoir entre médecins et patients sont aggravés par la stigmatisation et la discrimination. La dépression et la toxicomanie peuvent affecter temporairement la perspective de la personne sur la vie et la capacité de prendre des décisions; l’intérêt pour le suicide assisté pourrait changer avec le temps dans ces cas.
  • Le Comité demande aux pays de «veiller à l’existence de garanties juridiques et institutionnelles solides» pour «protéger les patients contre les pressions et les abus». Comme nous l’avons vu au Canada, les critères d’éligibilité et les autres limitations peuvent être contestées et modifiées. Les pronostics des conditions terminales pourraient également être faux. Et lorsque le personnel médical est impliqué dans un décès qui ne respecte pas les normes légales, bien sûr, ils ne le diront à personne.
  • Les personnes handicapées – y compris les aînés – sont plus susceptibles que les personnes non handicapées d’être abusées financièrement, émotionnellement et physiquement. L’ajout du suicide assisté peut rendre une situation dangereuse mortelle. Les médecins des Pays-Bas et de la Flandre en Belgique ont déjà tué des centaines de personnes sans demande explicite. Aussi, considérons Kate Cheney, une femme de 85 ans souffrant de démence. Bien que Kate ait été jugée incapable de choisir un suicide assisté et vulnérable à la coercition, sa fille a fait des emplettes pour un médecin jusqu’à ce qu’elle ait obtenu l’approbation du suicide assisté de Kate.

L’ASSOCIATION CANADIENNE POUR LA SANTÉ MENTALE S’OPPOSE À L’EXPANSION DU SA / E POUR LES PERSONNES AYANT UNE DÉFICIENCE PSYCHIATRIQUE

  • La semaine dernière, l’Association canadienne pour la santé mentale a publié un énoncé d’opposition au suicide assisté pour les personnes qui n’ont que des conditions psychologiques.
  • La version courte de leur déclaration se lit: « En tant qu’organisme axé sur le rétablissement, l’ACSM ne croit pas que les maladies mentales soient irréversibles … Nous reconnaissons que les personnes atteintes de maladies mentales puissent éprouver des souffrances psychologiques insupportables en raison de leur maladie, mais il y a toujours l’espoir d’un rétablissement. La position de l’ACSM sur l’assistance médicale à mourir au Canada est que les personnes qui ont un problème de santé mentale ou une maladie mentale doivent recevoir une assistance à vivre et à s’épanouir. »
  • L’ACSM croit que, étant donné que les maladies mentales sont plus susceptibles d’être «gérées» que «guéries» et que les symptômes peuvent répondre au traitement, elles ne causent pas «un déclin irréversible de la capacité»; ni une «mort raisonnablement prévisible».
  • La plus grande préoccupation de l’ACSM était la capacité de changer d’avis, comme on l’a vu dans une étude belge où près de la moitié des patients impliqués ont reporté ou annulé leur demande de suicide assisté. Dans une étude de suivi menée un an plus tard, 84% des personnes s’en sortaient avec l’aide d’un traitement ou d’autres moyens. Cela montre que, compte tenu du temps et du soutien, le désir de mourir peut changer, en particulier s’il s’agit d’un symptôme d’une incapacité psychiatrique.
  • Il y avait également des inquiétudes quant au déplacement des valeurs de société, car le suicide assisté devient plus largement accepté, et d’autres problèmes sociaux non-abordés. L’association a cité un rapport néerlandais portant sur des « signaux d’alarme »; il a montré que peu de gens cherchaient de l’aide, deux fois plus de femmes que les hommes étaient euthanasiées pour des raisons psychologiques, et la solitude était préoccupante dans la moitié des demandes.
  • Les trois points principaux qui sous-tendent la position de l’ACSM sont:
    • la croyance au rétablissement (que ce soit par des stratégies d’adaptation ou l’absence de symptômes),
    • l’impacte négative (la perte d’espoir) de l’approbation de la demande du suicide assisté (car ça indique que même un médecin pourrait croire que la vie du patient ne s’améliorera jamais), et
    • la non-discrimination ((les personnes qui sont admissibles à SA / E selon une condition physique ne devraient pas être exclues si elles ont également une maladie mentale).
  • Enfin, l’ACSM a demandé au gouvernement canadien :
    • De soutenir les centres axés sur le rétablissement,
    • d’investir dans les services communautaires de santé mentale,
    • d’élaborer une stratégie nationale de prévention du suicide, et
    • d’investir dans la recherche pour mieux comprendre les causes des conditions psychologiques.