Introduction

Archive des webémissions: Le guide du Collège des Médecins du Québec sur l’aide médicale à mourir

Cette semaine, nous discutons du nouveau guide à l’intention des médecins effectuant la «MAID» publié par le Collège des médecins du Québec.

Archive des webémissions: Le guide du Collège des Médecins du Québec sur l’aide médicale à mourir

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Le guide du Collège des Médecins du Québec sur l’aide médicale à mourir
  • Une note sur l’élection fédérale

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

LE GUIDE DU COLLÈGE DES MÉDECINS DU QUÉBEC SUR L’AIDE MÉDICALE À MOURIR (un euphémisme)

  • L’entrée en vigueur de la loi permettant l’euthanasie au Québec arrivera d’ici moins de deux mois.
  • Jusqu’au présent, nous avons trouvé qu’un seul règlement publié dans la Gazette Officielle du Québec qui appartient à la loi sur « l’aide médicale à mourir ». Ce règlement touche qu’une petit partie des changements qui seront nécessaires pour mettre sur pied un « régime bien règlementé » d’euthanasie.
  • Dans notre webémission du 11 septembre, nous avons mentionné le guide du collège des médecins. Enfin nous avons reçu une copie, et nous voulons vous informer sur quelques items importants à l’intérieur.
  • D’abord quelques constatations générales :
    • Il y a un biais fort envers la mort assisté. Dans le document, l’euthanasie est décrit comme une façon de soulager la douleur!
    • Il n’y a rien (excepter la déontologie) pour empêcher un médecin de falsifier le formulaire de demande d’une personne avec une déficience de communication, d’obtenir une approbation automatique d’un deuxième médecin, de se procurer le dosage létale, de faire l’euthanasie, et de produire un rapport d’un processus apparemment légitime.
    • Il n’y a aucune disposition pour que les formulaires ni le processus soit accessibles aux personnes atteintes d’une déficience sensorielle ou de communication. Ça veut dire l’accès à un scribe ou un interprète désintéressé, des documents disponibles sous formats accessibles, etc.
    • Il n’y a pas disposition pour empêcher une tierce personne (qui rempli le formulaire) ne soit pas une membre de la famille ou d’être une influence indue, ou qu’elle n’aie pas d’intérêt dans la propriété de la personne qui pose la « demande ».
    • Est-ce que tous les médecins auront la permission d’administrer l’euthanasie, (les podiatres, les dermatologues, les pasticiens?) ou juste les généralistes?
    • Le Guide dit qu’en moyenne, un médecin donnera l’aide médicale à mourir « moins qu’une fois par an ». Avec 22,500 médecins au Québec, attendent-ils 22,000 décès?
  • Le guide indique que le médecin qui prend la décision sur la demande d’euthanasie sera le « médecin traitant » Mais qui va décider pour les 25% des Québécois qui n’ont pas de « médecin de famille »?
  • Plusieurs des « souffrances » cités peuvent s’appliquer aux personnes dans les relations abusives ou qui ont une dépression. Par exemple, la « Dépendance totale » et le sentiment d’une « Désespérance face à une situation sans issue » font parti du syndrome de la femme battue.  Aussi, le déséquilibre chimique de la dépression crée l’impression erroné qu’il n’y pas d’issue à ses problèmes.  Tuons nous des gens parce qu’ils ont un déséquilibre dans le cerveau?  Les interventions sociales seront-elles suffisantes?
  • Le guide déclare que « la personne malade, … est la mieux placée pour juger de sa tolérance à la souffrance et aux moyens de la pallier. » Mais quoi faire lorsque l’ignorance, le manque de ressources, et les préjuges empêche son jugement?  Que fait-elle si le médecin n’a présenté que les options médicales (pas sociales)?  Que fait-elle lorsque les soins palliatifs adapté ne sont pas disponible dans son coin, ou qu’un thérapeute à démontrer des préjugés envers la personne atteinte d’une maladie ou une incapacité, est-elle vraiment mieux placée pour évaluer ces options?
  • Le guide fait souvent référence à « une équipe interdisciplinaire qui accompagne le patient. » Est-ce que c’est réaliste lorsque 25% des Québécois n’ont même pas de médecin généraliste?  Est-ce que ces équipes deviendront des « médecins de la mort »?
  • La même chose s’applique à la vision pour les soins de santé mentale et spirituelle en fin de vie. Le guide dit que la personne doit avoir « une approche thérapeutique spécifique, multidimensionnelle (écoute, soutien spirituel et religieux, psychothérapie, pharmacothérapie, intervention sociale, etc.) »  Est-ce que c’est possible lorsque les soins palliatifs ne sont disponible que pour 16-30% de la population?
  • Le guide continue dans la tradition de ne pas définir « la fin de vie ». Il décrit les signes pour trois « phases » de la fin de vie, soit :
    • Le pronostic vital qui peut aller d’une semaine à 8 ans;
      • Les personnes atteinte de cancér, quelques mois
      • Les personnes avec une maladie pulmonaires et circulatoire de 2-5 ans
      • Les personnes âgées et fragiles de 6-8 ans
    • Les signes d’une maladie très avancée et progressive, évoluant vers une mort prochaine, moins de 4 jours; et
    • Les signes d’une mort imminente, l’altération des signes vitaux, moins de 24 heures.
    • Un des signes d’un pronostic vital est le délirium. Ceci devrait déqualifié la personne pour l’euthanasie.
  • Nous allons reprendre notre discussion de ce guide du collège des médecins la semaine prochaine.

COMMENTAIRE : LE SUICIDE ASSISTÉ ET L’ÉLECTION DE 2015

Environ 15 pour cent de la population du Canada soit 5 millions de personnes, ont une limitation fonctionnelle physique ou mentale qui réduit considérablement les principales activités de la vie, due en grande partie à des obstacles dans l’environnement. Le nombre de personnes qui sont directement touchées par l’incapacité est beaucoup plus grande (les familles, les amis et les fournisseurs de services).

Cent pour cent des personnes qui demandent et reçoivent le suicide assisté ont une incapacité, qu’ils aient ou non une maladie dégénérative ou en phase terminal.

D’autre part, moins de 1 000 musulmans au Canada portent le niqab ou la burqa.

Alors pourquoi le hijab est devenu un enjeu électoral, alors qu’aucun des partis politiques n’ont pris une position claire sur les questions des soins palliatifs, sur les services à domicile ou le suicide assisté?

Les personnes en situation de handicap forment le seul groupe minoritaire duquel toutes personnes peuvent devenir membre à tout moment. Les personnes en situation de handicap font face à des taux élevés de chômage, d’institutionnalisation et de violence, à cause des politiques discriminatoires et des préjugés sociaux.

Les raisons les plus courantes pour lesquelles les gens demandent le suicide assisté, soit la perte d’autonomie, l’incapacité à faire des activités qu’ils aimaient, le sentiment de perte de dignité, se sentir comme un fardeau, ne se rapportent pas à la mort, mais à la façon dont les personnes ayant des incapacités sont traitées dans notre société.

D’après l’Association Canadienne du soins palliatifs, seulement 16-30% des Canadiens ont accès à des soins palliatifs. La solution fournis par le gouvernement, soit le suicide assisté, est de tuer des gens parce qu’il ne fournis pas les services nécessaires pour permettre aux gens de vivre bien et en tout confort chez eux jusqu’à ce qu’ils meurent naturellement.

Peut-être que nous devrions réexaminer nos priorités pendant cet campagne électoral.

(N’oubliez pas de voter!)