Introduction

La liberté de choisir exige des choix

La liberté de choisir exige des choix

Un article court au sujet de l’aptitude, le choix, l’euthanasie et le projet de loi 52 du Québec

Le projet de loi 52 permettrait, par l’euphémisme, l’implication et l’insinuations, de l’euthanasie au Québec.

Les partisans disent que le projet de loi soulagerait les personnes qui subissent de souffrances épouvantables en raison d’une maladie en phase terminale. En fait, le projet de loi tuera les personnes handicapées en détresse physique ou émotionnelle, même si elles refusent de l’aide, qu’elles aient une maladie en phase terminale ou non.

La plus grande « sauvegarde » qu’invoquent les partisans est que la personne doit faire un choix « libre et éclairé » d’être tué.

Un choix «libre et éclairé» exige que la personne soit compétente pour évaluer les risques et les avantages, qu’elle soit libre de toute influence extérieure et qu’elle ait une gamme de choix.

En ce qui concerne les sentiments suicidaires, la question de la compétence dépend vraiment que la société approuve l’acte ou non. Si une personne non handicapée dit qu’elle veut se suicider, son souhait sera une preuve d’incompétence prima facie. Elle recevra des services de prévention du suicide et pourrait être mise dans un hôpital psychiatrique contre son gré pour l’empêcher de se faire du mal. C’est parce que nous (à juste titre) avons une politique publique de prévenir les suicides. Pourtant une personne ayant une incapacité ou une maladie terminale qui veut mourir sera euthanasiée selon le projet de loi 52. C’est parce que la plupart des gens croient qu’avoir un handicap est un destin pire que la mort.

Une personne handicapée qui veut mourir est considérée comme faisant un choix rationnel, et elle est donc estimée comme compétente. Ainsi, le projet de loi 52 ne comporte aucune exigence pour une évaluation psychiatrique avant d’autoriser l’euthanasie.

Joseph Arvay est un avocat ayant une déficience qui a plaidé en faveur des plaignants dans l’affaire Gloria Taylor, en Colombie-Britannique. Il prétend que d’interdire aux gens de choisir l’euthanasie est discriminatoire, car ça suppose que les personnes handicapées sont incapables de faire un choix. Mais quand on ne se fait pas offrir un choix valable, comment peut-on choisir?

Les conditions déplorables dans lesquels vivent la plupart des personnes handicapées et les personnes en fin de vie ne sont pas tant causées par leur handicap que par les priorités politiques et sociales. Chaque aspect de la vie, de l’expérience de la douleur physique à la capacité de voter, est contrôlé par ces facteurs externes. S’il n’y a pas assez de soins palliatifs (services qui soulagent la douleur et améliorer la qualité de vie) beaucoup de gens vivront en douleur. Si le Québec continue à favoriser les soins médicalisés en établissement au lieu des services à domicile autogérés, où les gens reçoivent des fonds pour employer leurs propres préposés pour fournir des soins personnels, alors beaucoup de gens vivront dans incarcération virtuelle dans les CHSLD. Là ils mangent, se lavent, s’habillent et utilisent la toilette selon l’horaire de l’établissement, pas le leur. Ou bien les gens seront laissés isolés, appauvris et sans soutien dans la prise en charge des proches qui sacrifient leur carrière et de leur santé pour s’occuper d’eux.

En raison de ces choix faits par le gouvernement et la société, qui traitent les aînés et les personnes handicapées comme des objets de soins médicaux au lieu de leur permettre de vivre en tant que membres égaux de la collectivité, le «choix» d’accepter l’euthanasie ne peuvent jamais être libre.