Archive des webémissions: 18/10/12

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Des nouvelles en bref

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

UNE POLITIQUE D’EUTHANASIE PÉDIATRIQUE PROPOSÉE

  • Cette semaine, nous portons trois sujets reliés aux politiques du suicide assisté et d’euthanasie (le SA & E) à votre attention
  • Le 21 septembre, des chercheurs de l’hôpital Sick Kids de Toronto ont publié un essai dans le Journal britannique d’éthique médicale, décrivant comment ils en sont venus à adopter une nouvelle politique en matière d’euthanasie chez les jeunes. Bien que la politique puisse s’appliquer aux adultes, le groupe de travail semble s’attendre à ce que l’étude du Conseil des académies canadiennes, prévue pour décembre, recommande que l’éligibilité à l’euthanasie soit étendue aux « mineurs matures » (personnes de moins de 18 ans). Il appartiendrait alors au Parlement de modifier la loi s’il le souhaite.
  • La politique met l’accent sur la question si « permettre à quelqu’un de mourir » et « faire mourir quelqu’un » sont la même chose. Les auteurs pensent que, si on se concentre sur le “patient” plutôt que sur le médecin, les différences entre permettre et causer la mort ne sont plus importantes, car elles répondent toutes les deux à “l’objectif principal de l’AMM”, qui est de « soulager des souffrances insupportables. » (et bien, tant pis pour « tuer la douleur, pas la personne »)
  • Le groupe de travail décrit un processus en 15 étapes pour l’évaluation, l’approbation et l’administration de l’euthanasie. Le groupe de travail:
    • Suggère que la conversation sur le SA & E soit lancée par la personne qui fait la demande, bien que la politique note que « ceci est diamétralement opposé à la façon dont sont structurées toutes les autres communications médicales. »
    • Ne mentionne pas la prévention du suicide.  (Bien que les étapes 6a et 7 mentionnent les « options de traitement médicalement appropriées, » ces options ne sont pas répertoriées.) Cela semble étrange, jusqu’à ce qu’on se rappelle que le SA & E n’est pas considéré comme un suicide.
    • Soutient la présomption de l’Ontario selon laquelle une personne est capable, quel que soit son âge. Cela fait suite à la politique actuelle qui permet aux personnes de moins de 18 ans de prendre des décisions vitales, mais soulève une question importante: si le cerveau des adolescents est instable en raison de la croissance rapide et des tempêtes hormonales, et ce déséquilibre peut augmenter la probabilité du suicide, sont-ils vraiment équipés pour prendre des décisions réfléchies concernant le SA & E?
    • Présente des informations contradictoires sur la possibilité pour les personnes d’interjeter appel d’une décision d’inadmissibilité pour incapacité auprès de la Commission du consentement et de la capacité de l’Ontario.
    • Permet aux jeunes d’être euthanasiés à l’insu de leurs parents ou sans leur consentement. (Bien que les adolescents soient encouragés à informer leurs parents, ils ne sont pas obligés de le faire. Cela va à l’encontre des propres recommandations de l’hôpital en matière de prévention du suicide chez les adolescents).
    • Ne parvient pas à prendre en compte le rôle de la discrimination liée à l’incapacité dans la création d’une image de soi négative. La politique ne compense pas non plus l’impact du déséquilibre d’âge et de pouvoir entre le personnel médical adulte et les enfants mineurs, ni le rôle de l’impuissance acquise dans les discussions des options de traitement.
    • Ignore le fait que Plus de parents demandent le SA & E pour leurs enfants que les enfants en demandent eux-mêmes.

LA SASKATCHEWAN NE COMPTE PLUS LES SA & E COMME DES SUICIDES

DES NOUVELLES DIRECTIVES POUR LES TROUBLES DE LA CONSCIENCE

  • L’Académie américaine de neurologie a publié de nouvelles directives à l’intention des médecins traitants les troubles de la conscience (TdeC) causés par des lésions cérébrales traumatiques ou un manque d’oxygène. Le document a souligné:
    • l’importance des tests périodiques effectués par des neurologues qualifiés à l’aide des outils recommandés par l’Académie de neurologie et le Congrès américain de la médecine de réadaptation (ACRM). Ils recommandent également d’utiliser l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et d’assurer à ce que la personne soit aussi éveillée que possible lors des tests;
    • le besoin de services de réadaptation et de stimulation, dans un établissement de réadaptation ou à domicile;
    • éviter les propos qui suggèrent un « pronostic universellement mauvais » lorsqu’on parle à la famille;
    • le fait que puisque de nombreuses personnes atteintes de TdeC non traumatique retrouvent connaissance après trois mois, et d’autres qui ont des TdeC traumatique, elles se réveillent après 12 mois, les auteurs suggèrent:
      • Application du terme « État chronique d’éveil sans réaction » plutôt qu’« État végétatif persistant »; et
      • Ces repères (adoptés en 1994) ne doivent pas être utilisés comme un signal pour retirer le soutien de vie;
  • Les médecins s’empressent souvent de juger de la capacité des personnes à récupérer d’une blessure au cerveau et à quoi resemble la récupération.
    • Lorsque Not Dead Yet US a écrit sur son blogue à propos des nouvelles normes, NDY a évoqué l’histoire d’un petit garçon dont le soutien de vie a été presque retiré six semaines seulement après une lésion cérébrale non traumatique, comme un exemple d’un jugement trop hâtive.
    • Parfois, la décision de retirer le soutien de vie est enracinée dans la peur de l’incapacité causée par une lésion cérébrale; la famille dévalorise la vie handicapée de son proche plutôt que de prendre son temps et le soutien dont elle a besoin pour s’adapter.
    • De plus, l’utilisation persistante du terme « état végétatif » est déshumanisante. Personne ne peut jamais perdre son humanité – ou devenir un brocoli!
  • Nous espérons que les professionnels de la santé suivront ces nouvelles normes, au lieu de couper la vie, parce que les gens n’avaient pas le temps nécessaire pour le soigner.