Archive des webémissions: 18/05/25

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck, Christian Debray, et Taylor Hyatt discutent:

  • Profiter du suicide assisté et de l’euthanasie
  • Les mises à jour sur des projets de loi de Guernesey, de Finlande et de Nouvelle-Zélande

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

PROFITER DU SUICIDE ASSISTÉ ET DE L’EUTHANASIE

  • Cette semaine, nous avons remarqué quelques reportages sur des personnes qui profitent du suicide assisté. Le premier concerne les accusations portées contre le fondateur de l’organisation suisse de suicide Dignitas; l’autre est un hospice du Texas où les patients ont été tués pour économiser de l’argent.
  • Ludwig Minelli, un avocat suisse qui a fondé l’organisation à but non lucratif Dignitas en 1998, a été inculpé « pour avoir encaissé trop d’argent lors de plusieurs interventions. ». Les accusations proviennent de deux incidents distincts. En 2010, il a fait payer 10 000 francs suisses chacune (plus de 10 100 dollars canadiens) à une femme de 85 ans et à sa fille pour organiser leurs suicides. C’était deux fois le taux habituel. L’accusation a fait valoir que les femmes acceptaient les frais excessifs parce qu’elles étaient « désespérées » (Le personnel de Dignitas ne participe pas aux décès eux-mêmes, mais ils fournissent un lieu et recrutent des professionnels médicaux disposés à le faire).
  • Lors d’un incident survenu en 2003, une femme de 80 ans sollicitant un suicide assisté était en détresse, mais n’avait pas de maladie en phase terminale. Trois médecins contactés par M. Minelli ont refusé de mettre fin à sa vie pour des raisons éthiques, donc un quatrième médecin a finalement été trouvé pour prescrire le médicament létal. La persistance de M. Minelli aurait été motivée par la promesse d’un don de 100 000 francs suisses (près de 114 000 dollars canadiens) dans le testament de la femme. M. Minelli aurait négligé d’enterrer les cendres de la femme près des restes de son mari, comme elle a demandé. Au lieu de cela, il les a dispersés dans le lac de Zurich.
  • Le suicide assisté est légal en Suisse, sauf pour les « motifs égoïstes », tels que faire des profits excessifs. Le procureur a demandé une amende de 7 000 francs (plus de 9 000 dollars canadiens) avec une amende « suspendue » de 65 000 francs.
  • Dans un autre cas, plus proche du Canada, le directeur des opérations d’un hospice du Texas a plaidé coupable d’avoir « accéléré les décès » et d’autres abus de personnes recevant des soins. Melanie Murphey de Novus Health Services à Frisco, au Texas, a également plaidé coupable à des accusations de « fraude dans le domaine de la santé » et va témoigner que les propriétaires de l’hospice ont profité d’un stratagème frauduleux de 60 millions de dollars.
  • Mme Murphey admet d’avoir escroqué Medicare et Medicaid « en les facturant pour des patients qui n’étaient pas admissibles aux services de soins palliatifs ». Elle a également créé de faux formulaires d’ordonnance « ne pas réanimer » pour éviter de payer les frais d’ambulance à l’hôpital en cas d’appel d’urgence. De plus, elle a utilisé les notes des infirmières pour remplir les formulaires comme si elle était médecin. Le propriétaire de l’établissement, Bradley Harris, a ordonné que les patients qui y sont restés plus longtemps que ce qui était rentable reçoivent des doses de narcotiques suffisamment élevées pour les tuer. Il aurait envoyé un texto à une infirmière disant « Vous devez faire que le patient s’en aille, “bye-bye”».
  • Ni Mme Murphey ni M. Harris n’ont de formation médicale. Une enquête fédérale sur leurs actions a débuté en 2016. Mme Murphey pourrait passer jusqu’à 10 ans en prison.
  • Ces histoires révèlent deux problèmes majeurs en matière de soins de fin de vie. Les personnes vivant en institution sont souvent maltraitées lorsque la réduction des coûts et la commodité du personnel sont prioritaires par rapport à la sécurité des résidents. Deuxièmement, à proprement parler, il est plus cher d’être vivant que mort. Maintenant que le suicide assisté et l’euthanasie sont légaux, quiconque a besoin d’aide personnelle, de soins médicaux ou de médicaments doit justifier les frais de se maintenir en vie. Personne ne veut être un fardeau financier pour sa famille ou sa société … et ce sentiment pourrait devenir une « incitation » économique au suicide assisté.

LES MISES À JOUR JURIDIQUES DE GUERNESEY, DE FINLANDE ET DE NOUVELLE-ZÉLANDE

  • La semaine dernière, deux pays ont rejeté le suicide assisté. Le 13 mai, le parlement de Guernesey a voté contre une « requête » (semblable à un projet de loi d’initiative parlementaire au Canada) qui aurait légalisé le suicide assisté. La loi proposée aurait mis en place un modèle similaire à celui de l’Oregon; les critères d’admissibilité inclus avoir “pleine capacité mentale” et six mois ou moins à vivre. L’Association médicale britannique et l’Alliance des personnes handicapées de Guernesey se sont opposées au projet de loi. Les sept membres qui ont proposé le projet de loi ont publié une déclaration disant: « Naturellement, nous sommes déçus de ce résultat, même s’il n’est pas totalement inattendu … Nous demeurons d’avis qu’il s’agit d’un changement inévitable que Guernesey adoptera un jour. Cependant, c’est une question pour nos successeurs parlementaires, pas pour nous. »
  • Le parlement finlandais a voté 128 à 60 contre la légalisation de l’euthanasie. Les législateurs mettent en place un groupe de travail pour enquêter sur les soins de fin de vie.
  • Enfin, nous avons une mise à jour sur les témoignages que nous avons envoyés au parlement néo-zélandais en mars, au sujet d’un projet de loi qui légaliserait le suicide assisté. Apparemment, le comité qui examine le projet de loi a reçu plus de 35 000 mémoires, la plus grande réponse du public à un projet de loi. Cela inclut des opinions sur les deux côtés de la question. Le président du comité prévoit qu’il faudra attendre mars 2019 pour examiner toutes les soumissions. Espérons que cette extension signale un examen sérieux de la question par les députés plutôt qu’une approbation tacite du meurtre médical.