Archive des webémissions: 18/05/18

Dans cet épisode de l’Euthanasie et l’incapacité, Amy Hasbrouck et Christian Debray discutent:

  • Un comité de l’American Medical Association recommande de garder le cap.
  • Une cour de la Californie déclare inconstitutionnelle la loi sur le suicide assisté
  • Roger Foley réclame l’arrêt de l’euthanasie au Canada

Veuillez noter que ceci n’est qu’un script et notre webémission inclut des commentaires additionnels.

UN COMITÉ DE L’AMERICAN MEDICAL ASSOCIATION RECOMMANDE DE GARDER LE CAP

  • Le Conseil sur les affaires éthiques et judiciaires (CAEJ) de l’American Medical Association (AMA) a été invité à examiner et à proposer des recommandations sur deux actions possibles liées à leur politique sur le « suicide assisté par des médecins » :
    • La résolution 15-A-16 modifierait la position de l’AMA qui consiste à s’opposer au suicide assisté et l’euthanasie (SA & E) pour devenir une position neutre sur la pratique.
    • La résolution 14-A-17 demande à l’AMA de définir et d’ajouter le terme « Aide à mourir » aux discussions politiques et aux déclarations sur leur position.
  • Plus tôt ce mois-ci, le CAEJ a publié un rapport (en anglais seulement) expliquant sa décision de ne recommander aucun changement aux politiques actuelles. Le rapport sera examiné à la réunion de l’AMA le mois prochain.
  • Le CAEJ a abordé en premier la question de la langue. Il a expliqué que les termes qu’utilisent les gens pour décrire le SA & E reflètent les positions politiques et éthiques des deux côtés du débat. Bien que la résolution ne propose pas l’expression « mourir dans la dignité », le CAEJ note que les partisans la préfèrent parce qu’elle met l’accent sur « les valeurs et les objectifs des patients » tandis que « l’aide à mourir » indique l’engagement des médecins à prendre soin et à soutenir la personne.
  • Le CAEJ a estimé que le terme « suicide assisté » avait des « connotations négatives sur l’état psychologique des patients. » Pourtant, il souligne que « l’aide à mourir » et « mourir dans la dignité » sont des euphémismes qui « obscurcissent ou assainissent » la pratique. En l’absence d’une « option parfaite, » le CAEJ choisit de s’en tenir au « suicide assisté » parce qu’il décrit la pratique avec le plus de précision. Ce faisant, le CAEJ semble adopter la position que le SA & E est, en fait, un suicide, ce qui est également une bonne nouvelle.
  • Le CAEJ énumère plusieurs valeurs qui unissent les deux côtés du débat et dit que les personnes raisonnables peuvent avoir des idées très différentes sur les actions qui appuieront le mieux ces valeurs. Ceux-ci incluent:
    • L’espoir d’une mort qui préserve la dignité;
    • Le caractère sacré de prendre soin de quelqu’un en fin de vie;
    • Une reconnaissance que le soulagement de la souffrance est un objectif primordial de la médecine; et
    • Une participation entièrement volontaire de la part de la personne qui fait la demande, et du médecin.
  • Le rapport suggère que les décisions doivent reposer sur des valeurs et des principes réfléchis, stables et significatifs.
  • Le CAEJ ne soulève jamais directement des problèmes de discrimination, d’équité ou d’égalité; il ne fait référence qu’à la « coercition des personnes vulnérables » et aux « membres de groupes défavorisés. » Le CAEJ affirme qu’une position neutre équivaut à un accord avec le SA & E et rejette cette option.
  • Le CAEJ dit que la question de savoir si les sauvegardes peuvent prévenir les conséquences imprévues pour les personnes qui demandent le suicide assisté, ainsi que les médecins qui en fournissent, et la société en général « est profondément contestée. » Le rapport cite des études qui affirment qu’aucun problème n’est survenu, et d’autres qui remettent en question ces conclusions, prétendant que les données sont erronées, inadéquates ou déformées. Le panel note également que, en Europe, les critères d’éligibilité ont été élargis, que les procédures de « diligence requise » ne sont pas toujours suivies, et le CAEJ se demande si le contrôle de la pratique est adéquat pour prévenir les abus.
  • Le groupe spécial a conclu que « la preuve […] qu’il n’y a pas encore eu de conséquences négatives ne peut garantir que de telles conséquences ne se produiront pas à l’avenir. »
  • Le CAEJ note que les médecins ne discutent pas des questions de fin de vie, y compris les soins palliatifs, avec les patients.  Ce qui fait que « de nombreux patients peuvent être amenés à demander le suicide assisté parce qu’ils ne comprennent pas le degré de soulagement de la souffrance qu’offrent les soins palliatifs. »  Pourtant, le rapport ne mentionne pas que beaucoup de gens n’ont pas accès aux soins palliatifs. C’est là que le CAEJ parle de « groupes défavorisés » et de personnes « vulnérables à la coercition », mais d’une manière qui impose la responsabilité sur l’individu plutôt que sur la société pour créer et maintenir l’inégalité et le désavantage.
  • Alors que la recommandation du CAEJ de rejeter les deux résolutions est positive, leur approche conservatrice et leur réticence à incorporer les principes d’équité et de discrimination peuvent entraîner le rejet de la recommandation par des membres progressistes de l’American Medical Association.

UNE COUR DE LA CALIFORNIE DÉCLARE INCONSTITUTIONNELLE LA LOI SUR LE SUICIDE ASSISTÉ

  • Lorsque la loi californienne sur le suicide assisté a été adoptée, beaucoup de gens ont été choqués. C’est parce qu’elle a été adoptée lors d’une session législative spéciale sur le financement des soins de santé en octobre 2015. Cela a suivi l’échec des commanditaires d’obtenir assez de votes pour faire adopter le projet par le comité de soins de santé en juillet de cette année. En présentant un projet de loi sur le suicide assisté pendant la session extraordinaire, les défenseurs ont court-circuité le processus du comité, où un examen minutieux et une controverse continue avaient défait toutes les tentatives précédentes de légalisation.
  • Un groupe de médecins a contesté la loi une fois adoptée, et cette semaine, un juge de la Cour supérieure a statué que le projet de loi n’aurait pas dû être entendu pendant la session spéciale, puisqu’il ne concernait pas le financement des soins de santé. Bien qu’il ait déclaré la loi inconstitutionnelle, le juge Daniel Ottolia a donné au procureur général de la Californie cinq jours pour faire appel de la décision. Un appel permettrait à la loi de rester en vigueur jusqu’à ce que la cour d’appel statue.

ROGER FOLEY RÉCLAME L’ARRÊT DE L’EUTHANASIE AU CANADA

  • Roger Foley a adressé une lettre au procureur général Jody Wilson Raybould, demandant que le programme du suicide assisté et d’euthanasie (SA & E) du Canada soit arrêté jusqu’à ce qu’une loi garantissant des soutiens adéquats puisse être mise en place. Il a également réclamé une « enquête publique » sur les SA & E fournis au Canada depuis la légalisation des pratiques en 2016.
  • « Les personnes en situation de handicap sont aidées à mourir plutôt que d’être aidées à vivre, » a déclaré la lettre. Nous avons parlé de la cause de M. Foley lors de notre webémission du 16 mars dernier.