Projet de loi 52; mauvais médicament

Projet de Loi 52 est un mauvais médicament pour les Québécois en situation de handicap

par Amy E. Hasbrouck

Le projet de loi 52, qui a été déposé à l’Assemblée nationale du Québec le 12 juin, ne soulagera pas la souffrance autant qu’il tuera les gens qui souffrent.  En transformant les soins en meurtre, il va créer un méli-mélo des programmes, des normes éthiques et des pratiques médicales qui dévalorisent et mettent en danger la vie des aînés et autres personnes ayant des incapacités, des maladies chroniques et dégénératives.

Les promoteurs l’appellent « mourir dans la dignité » en supposant que les personnes avec déficiences et les aînés doivent mourir pour avoir de la dignité.  En même temps, le projet de loi 52 ne fait rien pour aider les gens à vivre dans la dignité, en leur permettant de contrôler où et comment ils vivent avec les changements naturels qui viennent avec le vieillissement, la maladie et l’incapacité.

Le projet de loi 52 est discriminatoire.  Le fait même que l’Assemblée nationale envisage d’adopter l’euthanasie veut dire que la vie des ainés et personnes avec déficiences qui demandent à mourir soient considérés comme moins digne d’être sauvée que d’autres qui sont empêchés de se donner la mort.  Alors qu’un veuf endeuillé ou un adolescent troublé qui veut mourir a une gamme de services de prévention du suicide, les personnes atteintes à de maladies graves n’auraient même pas un examen de santé mentale avant d’avoir l’injection létale.  Lorsque les gouvernements adoptent de telles lois, ils soutiennent la dévalorisation et la discrimination.

Le projet de loi 52 est inutile.  Toute personne qui veut mourir peut le faire de la manière habituelle (le suicide a été décriminalisé au Canada en 1972), ou soit par un refus de traitement médical, d’eau ou d’aliments, tout en ayant des soins de confort.  Ce droit a été établi dans l’affaire Nancy B. c Hôtel-Dieu de Québec en 1992.

Les partisans du projet de loi disent que c’est qu’un très petit groupe de personnes qui ont besoin de la loi.  Si c’est le cas, pourquoi le gouvernement veut-il risquer la vie de beaucoup d’ainés et des personnes handicapées pour aider une poignée de personnes a mourir un peu plus vite?

Le projet de loi 52 est confus.  Il est censé être pour les «personnes en fin de vie», mais ceux qui sont admissibles à l’aide médicale à mourir n’ont besoin que d’une maladie grave et avancée.  Cela pourrait décrire une personne diabétique qui perd une jambe ou une tétraplégique avec une escarre (plaie de lit) majeure.  Le fait que ces conditions existent ne signifie pas que la vie est finie.

Le projet de loi ne définit pas « sédation palliative terminale » un pilier central du programme et il n’existe aucune limitation d’admissibilité pour ce service.  La définition et les normes pour «l’aide médicale à mourir» sont également livrées aux institutions et aux administrateurs pour les soins de santé seulement.

L’OMS définit «soins palliatifs», comme le soulagement des symptômes afin d’améliorer la qualité de vie d’une personne. Mais ce projet de loi met l’accent sur les termes «soins de fin de vie» et «sédation palliative terminale» qui se réfèrent tous deux à causer la mort.  Le projet de loi 52 ne propose pas de soins palliatifs à tous les Québécois, il offre la mort.

Le projet de loi est malhonnête.  Il n’utilise jamais le mot «euthanasie», même si c’est ce qui est proposé.  Elle suppose également qu’il y a un choix « libre et éclairé » à faire.  Mais lorsque les services médicaux dans sa communauté sont insuffisants à traiter la douleur ou se remettre en bonne état, lorsqu’on est obligé de vivre dans une maison de soins de longue durée où on doit urinez à l’horaire de l’institution, pas le sien, lorsqu’on ne peut pas choisir qui prendra soin de soi et comment, lorsque le manque d’accès signifie qu’on ne peut pas quitter la maison ou avoir un emploi, quel est le choix dans tout cela?

Le projet de loi est une recette pour l’abus.  Il y a peu de garanties ou tentative de prévention.  Il n’y a aucune période d’attente obligatoire ni évaluation psychiatrique requise.  Le médecin n’a pas l’obligation de fournir des informations sur les services de santé mentale ou d’une intervention sociale possible ni d’assurer que les services et supports nécessaires soient en place.  Un héritier peut remplir le formulaire de demande d’euthanasie (en cas d’incapacité physique) et accompagner la personne afin de signer la demande devant le professionnel de santé ou service social.

Il n’ya pas de procédure judiciaire pour établir que la personne est compétente pour prendre une décision « libre et éclairée », et une tierce personne (aussi héritier) peut demander une «sédation palliative terminale.»  La section sur les directives anticipées donne à la personne qui détient cette directive le pouvoir d’appliquer ou de retirer la directive une fois le patient est déclaré incompétent.

Il n’existe aucune procédure pour vérifier que les rapports requis sont déposés après que quelqu’un ait été tué. La Commission créée par la loi est fortement biaisée contre les patients et elle n’a pas de pouvoirs pour enquêter sur les problèmes.  Les rapports de la commission à intervalles de cinq ans semblent conçus pour cacher les problèmes, plutôt que de les résoudre.

Peu importe les bonnes intentions qui étaient peut-être dans les cœurs de ceux qui ont rédigé ce projet de loi, il n’est pas sain pour les Québécois âgés ou handicapés.